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- La dérivée d'une fonction (dérivable) est la pente de la tangente
à la courbe. En désigne par
et
les variations de coordonnées le long de la tangente, la relation
ne dépend pas du fait que
soit petit ou non : une
droite "va en ligne droite" sur toute sa longueur
!
Figure:
Distinguer
et
!
|
|
- Par contre la relation
dépend,
elle, de ce que
est supposé petit. Plus précisément,
on a
et cette formule n'est significative que dans un certain domaine
de validité. En dehors de ce domaine, il faut changer de tangente.
- Tout cela se généralise à des fonctions vectorielles d'une variable
vectorielle. Dans ce cas la "pente" n'est plus un
simple nombre, mais la matrice d'une application linéaire.
- Objectif : rappeler quelques propriétés des symboles
,
,
et
.
- Caveat. La notation de Landau (qui s'est imposée comme standard de
fait) n'est pas des plus heureuse. En effet les deux relations
et
n'impliquent pas que
.
Il vaut mieux les lire et les comprendre comme
et
, avec pour conséquence
.
- Définition
. La relation "
quand
" est définie par :
exo 1. Quelles sont les fonctions telles que
?
exo 2. Montrer que cette définition équivaut à l'existence d'une
fonction
telle que
avec
.
- Théorème
. La relation
est une équivalence,
et elle est compatible avec le produit.
- Rappel : équivalence. Une relation d'équivalence est une relation
reflexive, symétrique et transitive, i.e. :
- Rappel : compatibilité. Dire qu'une relation d'équivalence est compatible
avec une opération
est :
Autrement dit, on peut remplacer des équivalents par des équivalents.
- Définition
. La relation "
contrôle
", notée
, est définie par l'existence
d'un facteur de contrôle, i.e.
exo 3. Montrer que cette relation est RT, mais pas S.
- Définition
. On dit que deux fonctions sont du même
ordre lorsque
et
.
exo 4. Montrer que cette relation est RST, i.e. est une équivalence.
- Définition
. La relation "
est négligeable
devant
", notée
, est définie
par l'existence d'une fonction de "négligeabilité"
, i.e.
exo 5. Cette relation est elle R, S ou T ?
- Théorème. Les ensembles
et
sont clos
par combinaisons linéaires.
1.3 Un exemple caricatural
- Soit à optimiser la production d'un atelier fabriquant deux sortes
de produits. On se demande comment choisir les quantités
et
fabriquées de façon à optimiser le bénéfice
.
Bien entendu, la réponse n'est pas
, car
il y a inévitablement des contraintes sur les valeurs des
.
- En premier lieu, il est clair que
et que
.
- Ensuite, on peut imaginer des contraintes liées à la saturation du
marché, conduisant par exemple à
et
,
et une contrainte de fabrication
.
- On voit tout de suite que
est un point
admissible (vérifiant toutes les contraintes). La question est de
faire un meilleur bénéfice que
!
- Chacune des contraintes a pour effet de séparer le plan en deux régions
: un demi-plan ouvert où la contrainte n'est pas satisfaite et un
demi-plan fermé (i.e. frontière comprise) où la contrainte est satisfaite.
L'ensemble des points admissibles (i.e. vérifiant toutes les contraintes)
est donc une surface polygonale convexe.
- La FIG. 2 représente en grisé les régions du
plan où l'une au moins des contraintes n'est pas satisfaite. L'ensemble
des points admissibles apparaît en blanc sur la figure.
Figure 2:
Polygone admissible.
|
|
- Les deux droites de la FIG. 3 correspondent
à
et
. Il est clair que toutes les droites
sont parallèles entre elles, et que
augmentant,
ces droites finissent par ne plus couper le polygone des points admissibles
: le point cherché est donc le sommet
.
- Définition. On dit qu'une partie
de
est convexe
lorsque
implique
.
- Propriété. L'intersection d'un nombre quelconque de convexes est encore
convexe (et éventuellement vide...).
- Définition. L'enveloppe convexe d'un ensemble
est le plus
petit convexe contenant
. Cette enveloppe est l'intersection
de tous les convexes contenant
.
- Théorème. Le domaine de validation des contraintes d'un programme
linéaire est un ensemble convexe à faces hyperplanes (polytope), et
l'extremum de la fonction linéaire à optimiser est atteint en un ou
plusieurs sommets du polytope.
- Remarque. Le maximum est atteint par exactement tous les points appartenant
à l'enveloppe convexe des sommets optimaux (hyper-arête du polytope).
- Remarque. L'hyperplan
est un hyperplan d'appui du polytope,
c'est à dire qu'ils ont au moins un point en commun, et que tous leurs
points communs sont des points frontière du polytope.
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douillet@ensait.fr
2003-01-19