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L'objectif de cette section est de rappeler le mode d'emploi d'un
certain nombre de notions de géométrie. La question du bien fondé
de ces notions "élémentaires" est une question tout
à fait intéressante (et tout à fait difficile). Nous nous limiterons
à faire remarquer que ces notions "ne peuvent pas être totalement
infondées" car elles font partie, d'une manière ou d'une
autre des réflexes acquis qui permettent la vie quotidienne.
- L'un des grands progrès de la géométrie a consisté à "introduire
des nombres" et à remplacer autant que possible les problèmes
de géométrie par des problèmes (algèbre ou analyse) concernant les
nombres.
- En particulier, un repère cartésien
sert à décrire les points
du plan par
.
L'opération
, pour
nombre et
vecteur, est donc fondamentale.
- On définit
, pour
par le fait de mettre
bout à bout
vecteurs égaux à
. En particulier
et
.
- La multiplication par un entier négatif consiste à reporter les vecteurs
dans le sens opposé, et l'on a donc
.
- Multiplier un vecteur
par la fraction
(avec
) consiste à calculer
, tandis
que diviser un vecteur par un entier (non-nul !) consiste à appliquer
le théorème de Thalès : on construit le segment
en reportant
fois un segment issu lui aussi de
, mais situé
sur une autre droite. Les droites parallèles à la droite
et passant par les subdivisions équidistantes de
découpent le segment
en segments égaux.
Figure:
Diviser un segment en 7 parties égales.
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- Le produit
, pour
s'obtient
en encadrant
par des rationnels de plus en plus proche
et en passant à la limite sur les points obtenus.
- Les produits
introduits jusqu'ici conservent
la direction du vecteur (ou amènent ce vecteur sur
). L'introduction
des complexes permettra les changements de direction.
- Encore une fois, ce qui précède est destiné à décrire ce qui se passe,
et pas à en démontrer le bien-fondé.
- On rappelle qu'un espace vectoriel est un ensemble pour lequel l'opération
"naturelle" est la combinaison linéaire, donnant
un vecteur
à partir des deux vecteurs
et
.
- Un espace affine est un ensemble pour lequel l'opération "naturelle"
est le barycentre (combinaisons linéaire dont la somme des masses
vaut
), donnant un point
à partir des deux
points
et
.
- L'illustration la plus simple des espaces vectoriels est une droite
passant par l'origine. Toutes les combinaisons linéaires restent sur
la droite.
- L'illustration la plus simple des espaces affines est une droite parallèle
à la précédente. Si cette droite affine ne passe pas par l'origine,
seules les combinaisons linéaires
de masse totale
restent sur la droite, les autres sortent de la droite, et viennent
se placer sur une autre parallèle, dépendant de la valeur de
.
exo 16. Soient
des points du
plan et
des coefficients. Montrer que l'expression
définit un objet intrinsèque (c'est à
dire indépendant du repère) si et seulement si
(définissant
un vecteur) ou
(définissant un point).
- On définit
par
est le vecteur obtenu en faisant
pivoter
d'un quart de tour.
- On a donc
, parce que un quart de tour
suivi d'un autre quart de tour, cela fait un demi-tour.
- Définition : conjugaison. Si l'on regarde le plan "par en-dessous",
l'orientation change et
est remplacé par
: c'est la conjugaison,
définie par
(pour
).
- Théorème : conjugaison. On a
et
.
En effet, la conjugaison consiste à regarder le même spectacle, mais
en se plaçant soit d'un côté du plan, soit de l'autre côté.
- Définition. On pose
(partie réelle) et
(partie
imaginaire). On remarquera que la partie imaginaire est un réel
(c'est ennuyeux, mais c'est comme cela).
- Formules.
et
.
- Théorème de Pythagore. On a
.
- Définition : module. On pose
.
exo 17. Calculer les modules de
,
,
,
.
- Propriétés : module. On a
et
.
exo 18. Trouver
tel que
.
exo 19. Montrer que, pour tous
, on a
:
.
Interprétation géométrique ?
- Théorème : inverse. Tout complexe non nul possède un inverse, à savoir
.
exo 20. Simplifier
- Définition : partie unitaire. Pour
, on pose
.
exo 21. Vérifier que
est unitaire, c'est à dire que
(cercle trigonométrique).
exo 22. Module et argument de
.
- Théorème : écriture multiplicative. Tout complexe
non nul s'écrit
avec
,
. Cette décomposition est unique
et de plus
: isomorphisme.
- Transformation
. Pour
fixé, la transformation
plane
est une homothétie. Pour
fixé,
la transformation plane
est une rotation. Dans le
cas général,
définit une similitude (conservation
des angles et proportionnalité des longueurs).
exo 23. Tracer le carré
. Déterminer
et tracer son produit par
(on trouve un carré de
même taille), puis par
(on trouve un carré plus grand).
- Al Kashi. Dans un triangle de côtés
on a
.
exo 24. Retrouver cette formule en calculant le carré scalaire
de
.
- Projection stéréographique. On considère (Fig. 3)
les points
et
du
cercle trigonométrique. On appelle
le point
,
avec
. On trouve :
Figure:
Théorème de l'angle au centre.
|
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- Théorème de l'angle au centre. Les formules ci-dessus montrent que
l'angle
est la moitié de l'angle
. Plus précisément,
on a
l'angle
étant un angle orienté de vecteurs non nuls, défini à un tour près
par sinus et cosinus (i.e. par
) et l'angle
étant un angle de droites, défini à un demi-tour près par une tangente
(i.e.
).
- Propriété : tout réel positif est le carré d'un et d'un seul réel
positif que l'on appelle sa racine carrée. Le symbole
est réservé à cet usage.
- Théorème : racine carrée complexe. Tout nombre complexe
possède deux racines carrées (complexes). Ces deux racines sont opposées.
Figure:
Racine carrée d'un nombre complexe.
|
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- Méthode de calcul. On décompose
en
avec
et
, c'est à dire
.
Un nombre
tel que
se décompose en
.
Par identification, on a
et
. On
a donc (dans
)
.
Supposons
et appelons N (Fig. 4) le
point ayant
pour affixe. Alors la droite
est la bissectrice de l'angle
.
Elle coupe le cercle en deux points opposés, qui sont les points
et
cherchés. D'où la formule
exo 25. Calculer les racines carrées des nombres
,
,
- Théorème (d'Alembert). Tout polynôme complexe possède exactement autant
de racines (complexes) que son degré (en convenant de compter multiplement
les racines multiples).
exo 26. Montrer que l'équation
avec
(et
) se résout par les formules habituelles. Exemple :
.
exo 27. L'équation
a-t-elle des racines réelles ? Résoudre. De même avec
.
exo 28. Soit
. On pose
et
. Montrer que
sont conjugués et que
. Calculer
et
. Conclure.
exo 29. Soit
un polynôme du troisième degré à coefficients
complexes. Montrer que les racines de
appartiennent
au triangle déterminé par les racines de
.
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douillet@ensait.fr
2003-03-14