Soit A une partie bornée non vide de R. On pose E={ | x-y| | / |
x, y Î A } .
- Montrer que E possède une borne supérieure, que l'on notera d( A) .
- Comme A est non vide, E n'est pas vide non plus. Comme A
est borné, il existe un M tel que | x| £ M pour
tout x Î A . On a alors | x-y| £ 2M pour tous x, y Î A .
Soit E £ 2M , d'où l'existence de d( A) .
- Comparer d( A) et le nombre supA-infA .
- On a x £ supA et -y £ -infA . Donc x-y £ supA-infA
et le nombre d( A) = sup{ x-y
| / |
x, y Î A }
vérifie d( A) £ supA-infA .
D'autre part supA est la limite d'une A -suite, soit xn® supA .
Et de même yn® infA . On a supA-infA=lim( xn-yn) £ d( A) .
On a donc d( A) = supA-infA .
2 Récurrence homographique
On considère la fonction f : f( z) = [7/(z+2)] ,
ainsi qu'une suite ( x) définie par son premier terme x0 Î C
et la récurrence xn+1=f( xn) .
- Montrer que l'équation f( z) = z admet deux solutions
dans R. On les appellera a et b avec a < b.
- L'équation aux points fixes conduit à z2+2z-7=0 , c'est à dire à a = -1-2Ö2
et b = -1+2Ö2 .
- Exprimer xn en fonction de n et de x0 . En déduire
la nature et la limite éventuelle de la suite ( xn) . Pour
quelles valeurs de x0 la suite est-elle définie (au sens de xn Î C).
- On pose f( z) = [(z-b)/(z-a)] . Le calcul donne
M=[(f( f( z) ) )/(f( z) )]=[(c a+d)/(c b+d)]=f¢( b) = -[9/7]+[4/7] Ö2 .
On a donc xn=y( Mn f( x0) ) = [(b-a f( x) Mn)/(1-f( x) Mn)] .
- Comme M » -.47759 , on voit que les suites x0 ¹ a
convergent vers b.
- On prend x0=4 . Vérifier que l'on est bien dans le cas où la
suite ( xn) admet une limite l Î C.
Déterminer les valeurs de n Î N telles que | xn-l|
soit inférieur à 10-4 , puis à 10-8 .
- Le point z=¥ correspond à f( z) = 1 . Comme
f( x0) = f( 4) » 0.277 et que | f( xn) | £ | f( x0) | ,
on a toujours xn ¹ ¥, et la suite est toujours définie dans
C.
- Pour obtenir | xn-b| < 10-k , on utilise xn-b » ( b-a) f( x0) Mn .
D'où n=13 et n=26 .
- Tracer le graphe de la fonction réelle x Î R, x® f( x) .
Utiliser ce graphe pour retrouver la façon dont la suite définie par x0=4
converge vers sa limite.
- On voit que l'intervalle ] -2, +¥ [ est stable,
et que [ x0, x1 ] l'est aussi (fonction monotone).
- La fonction étant décroissante, les deux sous suites paires et impaires ont
des croissances opposées.
Figure 1: Convergence en escargot... dans un intervalle stable.
3 Une autre suite récurrente
Soit E l'intervalle ] 0, +¥[ et f
la fonction E ® R : f( t) = [1/(t+1-exp( -t) )] .
- Étudier la fonction f , en particulier ses limites aux bornes de
E .
- La fonction est définie sur E puisque exp( -t) < 1 sur
cet intervalle.
- Cette fonction est strictement décroissante et continue, puisque sa dérivée
existe et vaut -[(1+exp( -t) )/(( denom) 2)] < 0 .
- On a 0 £ f( t) £ [1/t] et donc lim¥f=0 .
Pour t® 0 , on a un dénominateur strictement positif qui tend
vers 0, d'où lim0f=+¥.
- Montrer que pour tout n Î N\0 il existe un et un seul
xn Î E tel que f( xn) = n .
- La fonction décrit une bijection E ® E : il existe donc
un et un seul xn Î E tel que f( xn) = n .
- La suite ( xn) est-elle monotone ? Est-elle convergente
(et en pareil cas, donner sa limite).
- Comme la suite ( n) est croissante et la fonction f-1
décroissante, la suite f-1( n) est décroissante.
- Cette suite est majorée par 0, et a donc une limite l ³ 0 . Si
l'on avait l > 0 , on aurait pour tout n , 0 < l < xn
donc f( xn) = n < f( l) . Or la suite ( n)
n'est pas bornée.
- On a donc xn® 0 .
- Soit a Î R et g la fonction g( t) = [a/t] .
Montrer qu'il existe une et une seule valeur de a pour que limt® ¥[f( t) /g( t) ]=1 .
Utiliser ce résultat pour déterminer une suite très simple
( yn) telle que lim[(xn)/(yn)]=1 .
- On voit aisément que a=1 convient pour t® ¥.
- Dans le même ordre d'idées, on montre que la fonction g( t) = [1/2 t]
vérifie lim0[f/g]=1 . On a en effet [(exp( -t) -1)/(t-0)]® -1
par définition de la dérivée d'une fonction.
- On obtient donc f( xn) ~ [1/(2xn)]=n soit xn ~ [1/2n] .
Figure 2: Graphes de f et de exp( -t) .
A partir de maintenant, on s'intéresse à b = x1 (c'est à
dire au nombre tel que f( b) = 1 ).
- Montrer que b est l'unique solution réelle de l'équation exp( -x) = x
et justifier le fait que [1/e] £ b £ 1 .
- L'équation f( b) = 1 conduit effectivement à b-exp( -b) = 0 .
- Comme la fonction y : t® t-exp( -t) est continue
strictement croissante, avec y( 0) = -1 et y( +¥) = +¥
l'équation admet une et une seule solution.
- Pour t = exp( -1) , on a t < 1 donc -1 < -t
et t = exp( -1) < exp( -t) , d'où y( t) < 0 .
Tandis que y( 1) = 1-t > 0 . On a donc t < b < 1 .
- Soit g la fonction x® exp( -x) et I
l'intervalle [ [1/e], 1] . Montrer que g( I) Ì I
et déterminer un réel k Î ] 0, 1[ tel que "x Î I : | g¢( x) | £ k .
- La fonction g est décroissante. On a donc g( [ t, 1] ) Ì [ g( 1) ,g( t) ] Ì [ g( 1) , g( 0) ] = [ t, 1] .
- On a g¢( t) = -g( t) . Donc | g¢|
est décroissante. On trouve que | g¢( t) | £ | g¢( t) | < 0.7 .
- On considère la suite ( yn) définie par y0=1
et yn+1=g( yn) . Vérifier que, pour tout n , yn Î I ,
puis montrer que "n Î N : | yn-b| £ kn| 1-b| .
- Puisque l'on part d'un intervalle stable, on y reste.
- On a (TAF) | f( x) -f( y) | £ k| x-y|
pour tous x, y Î I .
- En particulier, ceci reste vrai avec le point fixe. Et une récurrence conduit
à "n Î N : | yn-b| £ kn| 1-b| .
- En déduire la convergence de ( yn) vers b.
Déterminer un entier N tel que "n > N : | yn-b| £ 10-6 .
- La question précédente donne immédiatement | yn-b| ® 0 .
- Comme b est inconnu, if faut majorer encore, obtenant | yn-b| £ kn
(on peut aussi laisser 1-t en facteur). Il vient n lnk=-6 ln10
soit n » 37 .
- Cette valeur est en fait largement surestimée, car | g¢( b) | = b.
Une fois la convergence entamée, le facteur de contraction est donc plus près
de 0.56 que de 0.7 .
- On obtient une meilleure vision de la convergence en considérant la fonction
g°g . Elle est croissante et sa dérivée varie entre 0.34 et
0.25 . On a donc une vitesse de convergence équivalente à celle assurée
par un facteur de contraction égal à Ö{0.34... } < 0.59 .
4 Une suite récurrente double
Soit K une partie non vide et majorée de R. On peut donc
choisir u0 qui soit élément de K et un w0 qui soit
un majorant de K . Puis on construit par récurrence deux suites ( un)
et ( wn) de la façon suivante. Si [(un+wn)/2]
n'est pas un majorant de K , on prend ( un+1, wn+1) = ( [(un+wn)/2], wn)
et si non, on prend ( un+1, wn+1) = ( un, [(un+wn)/2]) .
- Dans cette seule question, on prend K = [ 0, 1[ È[ 3, 4[ ,
u0=0 et w0=10 . Déterminer ( un, wn)
pour n £ 4 .
- On fait tourner l'algorithme à la main. Il suffit de comparer le milieu avec
le nombre 4 . On obtient successivement s0=( 0, 10) ,
s1=( 0, 5) , s2=( 2.5, 5) , s3=( 3.75, 5) ,
s4=( 3.75, 4.375) .
- On revient au cas général. Montrer que, pour tout n ,
un £ wn .
- La propriété est vraie pour n=0 . Elle se propage puisque wn+1-un+1
est exactement égal à la moitié de wn-un : le signe reste donc
constant.
- Montrer que les suites ( un) et ( wn)
sont adjacentes. Soit alors b leur limite commune.
- Il est clair que ( u) est croissante et ( w)
décroissante.
- De plus wn-un=[1/(2n)]( w0-u0) ® 0 .
Par conséquent les suites sont adjacentes.
- Montrer que chaque wn est un majorant de K , et que b
est aussi un majorant de K .
- On a w0 ³ K par définition, puis ou bien wn+1=wn et
est un majorant par hypothèse de récurrence, ou bien wn+1=[1/2]( wn+un)
parce que wn+1 est un majorant de K . On a donc pour tout k Î K
et tout n Î N la relation k £ wn .
- On a donc "k Î K : k £ inf{ wn
| / |
n Î N }
soit k £ b et donc K £ b.
Montrer qu'il existe une suite d'éléments de K qui converge vers
b.
- On montre par récurrence que, pour tout n Î N, un n'est
pas un majorant de K . Pour chaque n Î N il existe donc xn Î K
avec un < xn .
- Comme chaque wn est un majorant de K , on a donc un £ xn £ wn ,
et la suite ( x) converge vers la limite commune de ( u)
et de ( v) c'est à dire b.
Conclure.
- Le théorème de caractérisation séquentielle de la borne supérieure nous donne
alors b = supK .
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TTH,
version 2.92. On 19 Apr 2001, 14:21.
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