home <- up ->

Devoir 05

corrigé

On se propose d'étudier les suites un+1=un2+un , c'est à dire les suites récurrentes définies par une condition initiale u0 et la fonction itérable f : z® z2+z .

1  Résolution dans R .

  1. Étudier la fonction R ® R : x® x2+x . Graphe en repère orthonormé.

    1. On obtient une parabole. On constate que les points fixes sont x=+¥ et x=0 (avec une pente 1 ). Autrement dit le point x=0 n'est ni ``attractif'' ni ``répulsif''.
      2

    dev05_01.png

    Figure 1: Une parabole et sa tangente.

  2. Montrer que si u0 Î [ -[1/4], 0] alors ( u) ® 0 et que si u0 > 0 alors ( u) ® +¥.

    1. Le segment [ -[1/4], 0] est un segment stable. En effet f est croissante sur ce segment, donc f( S) = [ f( -[1/4]) , f( 0) ] Ì S . On a "x Î S : x £ f( x) donc la suite est croissante. Comme f est continue, la limite est un point fixe de S , et 0 est le seul point fixe contenu dans S . Prouvant que ( u) ® 0 .
    2. Si u0 > 0 alors le segment [ u0, +¥] est stable, etc. On obtient ( u) ® +¥.
      2
  3. Que se passe-t-il pour u0 < -[1/4] ?

    1. Si u0 Î [ -1, -1/4] on a u1 Î [ -[1/4], 0] et Q1.2a donne ( u) ® 0 .
    2. Si u0 < -1 alors u1 > 0 et Q1.2a donne ( u) ® +¥.
      2

2  Vitesse de convergence pour u0 Î ]  -1, 0 [  

  1. Montrer que, pour tout n > 0 , on a -[1/(n+1)] < un < 0 .

    1. Lemme : on a f( -[1/(n+1)]) = -[n/(( n+1) 2)] > -[1/(n+2)] . En effet, [1/(n+2)]-[n/(( n+1) 2)]=[1/(( n+1) 2 ( n+2) )] > 0 .
    2. Pour n=0 , on a précisément -1 < u0 < 0 . On obtient -[1/2] < u1 < 0 parce que [^f]( ] -1, 0[ ) = [  -[1/4], 0 [ .
    3. En supposant (récurrence) que 1 £ n et -[1/(n+1)] < un < 0 , la croissance de f donne -[1/(n+2)] < f( -[1/(n+1)]) < f( un) < f( 0) , montrant que la propriété se propage.
      2
  2. Montrer que la suite ( v) définie par vn=n un est décroissante.

    1. On calcule ( vn+1-vn) = ( n+1) f( un) -n un . Il vient un( n un+un+1) . La question précédente montre que cette quantité est strictement négative pour tout n : la suite ( v) est donc strictement décroissante.
      1
  3. Montrer que ( v) converge vers une limite l Î [  -1, 0 [ .

    1. D'après Q2.1, -1 < -[n/(n+1)] < vn=n un < 0 . La suite ( v) est donc strictement décroissante dans le segment [ -1, 0] : elle admet une limite l Î [  -1, 0 [ .
      1
  4. Montrer que la suite ( w) définie par wn=n( vn+1-vn) converge vers l( 1+l) .

    1. On reprend le calcul de Q2.4 : wn=n( vn+1-vn) = n un( n un+un+1) . Comme n un® l et un® 0 on voit que wn® l( 1+l) .
      1
  5. Soit ( t) une suite croissante telle que $a > 0 : $N Î N : "n ³ N : tn+1-tn ³ [a/n] . Montrer que l'on a alors "n ³ N : t2n-tn ³ [a/2] , puis que ( t) ® +¥.

    1. On a t2n-tn=åk=nk=2n-1( tk+1-tk) ³ å[a/k] . On met a en facteur, et on minore chaque [1/k] par [1/2n] . Comme il y a n termes, on obtient le minorant demandé, soit [a/2] .
    2. Comme tn+1-tn ³ [a/n] > 0 , la suite tn est croissante (à partir d'un certain rang). La suite ( t) admet donc une limite (dans [`(R)] ). Pour déterminer cette limite, il suffit de trouver la limite d'une suite (habilement) extraite.
    3. La propriété Q2.5.a donne tmN ³ tN+( m-1) [a/2] : la suite ( tmN) m tend vers +¥.
      2
  6. On suppose que l ¹ -1 . Montrer que ( -vn) vérifierait les conditions de Q2.5. Conclure.

    1. On suppose l ¹ -1 , ce qui revient à supposer l Î ] -1, 0[ . On pose a=-[1/2]l( 1+l) > 0 . On aurait donc (à partir d'un certain rang) 0 < a £ -wn , soit [a/n] £ ( -vn+1) -( -vn) .
    2. Le lemme Q2.5 conduirait alors à ( -v) ® ¥, qui n'a pas lieu puisque ( v) ® l Î R.
    3. Ad absurdum, l = -1.
      2
  7. Utiliser les résultats précédents pour évaluer la plus ou moins grande rapidité avec laquelle ( u) converge vers sa limite lorsque un Î ]  -1, 0 [ .

    1. Le résultat vn=n un® -1 se réécrit un ~ -[1/n] , et la convergence est très lente.
      1

3  Résolution pour z0 Î C  lorsque | z0| ³

  1. Montrer que | a| ³ 2 implique | 1+a| ³ 1 et que, pour a ¹ -2 , l'inégalité est stricte.

    1. Par inégalité triangulaire | 1+a| ³ | a| -| 1| ³ 2-1=1 .
    2. Les seuls cas d'égalité dans l'inégalité triangulaire correspondent aux triangles aplatis. Dans le cas présent, cela donne a Î R. D'ailleurs, on voit bien que les cercles C( 0, 2) et C( -1, 1) sont tangents intérieurement.
      2
  2. En déduire que | z0| ³ 2 implique "n ³ 2 : | zn| > 2 .

    1. La question précédente montre que | z0| ³ 2 implique "n : | zn| ³ 2 .
    2. Si | zn+2| = 2 avec | z0| ³ 2 , il faut que zn+1=-2 . Mais alors zn=[1/2]( -1±iÖ7) et | zn| = Ö2 , qui est impossible. On a donc | zn+2| > 2 .
      1
  3. On pose e = | z2| -2 . Montrer que, pour tout n ³ 2 , on a | zn+1| ³ ( 1+e)  | zn| . Conclure.

    1. Lemme : on a | zn+1| = | zn+zn2| = | zn| | 1+zn| .
    2. Appelons P( n) la propriété | zn+1| ³ ( 1+e)  | zn| . Comme | z2+1| ³ | z2| -1=1+e, la propriété P( 2) est vraie.
    3. Appelons [^P]( n) la propriété "m Î [ 2 .. n]  : P( m) . Il est clair que [^P]( 2) est vraie. Supposons alors que [^P]( n) soit vraie pour un certain n ³ 2 . On obtient immédiatement | zn+1| ³ | z2| = 2+e, montrant que | zn+1+1| ³ 1+e. Le lemme Q2.3a conduit à P( n+1) et l'on voit que [^P]( n+1) est vraie à son tour.
    4. On en conclut | zn+2| ³ ( 1+e) n| z2| d'où zn® ¥.
    5. Le point essentiel est ici une définition claire de la propriété que l'on prétend propager par récurrence.
      3

4  Résolution dans le pavé -1 £ Â( z) £ 0,  -[(Ö3)/2] £ Á( z) £ [(Ö3)/2] 

  1. On pose xn=Â( zn) et yn=Á( zn) . Exprimer xn+1 et yn+1 en fonction de xn et de yn .

    1. On a zn=xn+i yn . D'où xn+1=f( xn) -yn2 et yn+1=yn( 1+2 xn) .
      1
  2. Montrer que le rectangle K défini ci-dessus est stable par f . Montrer que l'intérieur [K\dot] du rectangle est lui aussi stable par f . Déterminer quels sont les points de la frontière dont l'image reste sur la frontière. En déduire que "n ³ 3 : zn Î [K\dot] , à moins que z3=0 , hypothèse que l'on exclut désormais.

    1. On suppose zn Î K . On a donc -[1/4] £ f( xn) £ 0 et -[3/4] £ -yn2 £ 0 . D'où xn+1 Î [ -1, 0] . De même -1 £ 1+2 xn £ 0 d'où yn+1 Î [ -[(Ö3)/2], [(Ö3)/2]] .
    2. Pour obtenir | yn+1| = [(Ö3)/2] avec zn Î K , il faut à la fois | 1+2xn| = 1 et | yn| = [(Ö3)/2] c'est à dire partir de l'un des quatre sommets du rectangle.
    3. Pour obtenir xn+1=0 avec zn Î K , il faut f( xn) = yn=0 , c'est à dire partir de l'un des points z=-1 ou z=0 . Pour obtenir xn+1=-1 avec zn Î K , il faut f( xn) = -[1/4] et yn2=[3/4] , c'est à dire partir de l'un des points z=j ou z=j2 .
    4. En appliquant f°f aux points -1±i[(Ö3)/2] , ±i[(Ö3)/2] on trouve -[15/16]±i[(Ö3)/4] , qui est un point intérieur du rectangle.
    5. En appliquant f°f aux points -1 , 0 et -[1/2]±i[(Ö3)/2] , on tombe sur z=0 .
      4
  3. En déduire que la suite | yn| converge vers une limite m telle que m £ [(Ö3)/2] .

    1. Comme | yn+1| = | yn| | 1+2 xn| avec | 1+2 xn| £ 1 , la suite | yn| est décroissante. Étant minorée par 0 , elle converge vers une limite m.
    2. Il est clair que m £ | y3| < [(Ö3)/2] .
      1
  4. Montrer que ( x) ® 0 implique m = 0 et que m ¹ 0 implique ( x) ® 0 .

    1. La relation Q4.1 donne yn2=f( xn) -xn+1 . Si ( x) ® 0 on a donc yn2® 0 , d'où m = 0 .
    2. Si m ¹ 0 , il existe alors N Î N tel que "n ³ N : yn ¹ 0 . On a donc | 1+2 xn| = | [(yn+1)/(yn)]| ® [(m)/(m)]=1 . Comme [1/4]( ( 1+2 xn) 2-1) = xn( 1+xn) , on a également f( xn) ® 0 .
    3. La formule Q4.1 donne alors xn® -m2 . Par continuité, f( -m2) = 0 et donc m = 0 ou bien m = 1 . Comme les points zn ne peuvent s'approcher des points -1±i (qui sont en dehors du rectangle), on a donc m = 0 et ( x) ® 0 .
      2
  5. En déduire que ( y) converge vers 0.

    1. La question précédente donne ( m ¹ 0) Þ ( m = 0) . Ce qui prouve m = 0 et, partant, yn® 0 .
  6. On procède au changement de variable g : z® z = z+[1/2] . Décrire le rectangle K dans le nouveau repère. Que vaut [^f]=g°f°g-1 ?

    1. On place l'origine au centre de K , qui s'écrit alors ( xh) Î [ -[1/2], +[1/2]] ×[ -[(Ö3)/2], +[(Ö3)/2]] .
    2. On trouve [^f]( z) = z2+[1/4]
  7. On pose zn=g( zn) , xn=Â( zn) , hn=Á( zn) et rn=| zn| . Donner les relations de récurrences concernant la suite ( z) d'une part, et les suites ( x) et ( h) d'autre part.

    1. On a donc zn+1=zn2+[1/4] . D'où xn+1=xn2-hn2+[1/4] et hn+1=2 xnhn .
  8. Montrer que l'on a, pour tout n , ( rn2-[1/4]) 2 £ rn+12 £ ( rn2+[1/4]) 2 .

    1. Un peu de calcul donne ( rn2+[1/4]) 2-rn+12=hn2 ³ 0 .
    2. De même rn+12-( rn2-[1/4]) 2=xn2 ³ 0 , établissant la relation demandée.
  9. Déterminer le nombre rd caractérisé par : `` ( rn2-[1/4]) -rn > 0 équivaut à rn > rd ''.

    1. On commence par résoudre l'équation r2-r-[1/4]=0 , qui admet r = [(1-Ö2)/2] » -0.2 et rd=[(1+Ö2)/2] » 1.2 comme solutions.
    2. Le trinôme est positif à l'extérieur des racines. Comme r < 0 est exclus, il reste r > rd .
  10. En supposant que r0 > rd , montrer que la suite rn est croissante. Quelle est sa limite ? Conclure sur la suite ( z) correspondante.

    1. En supposant rn > rd on a rn2 < ( rn2-[1/4]) 2 £ r2n+1 . On en déduit rd < rn < rn+1 : la suite ( r) est donc strictement croissante.
    2. Elle admet donc une limite l Î [`(R)] , avec rd < l. En passant à la limite dans (a) on trouve l = l2-[1/4] qui donne l = +¥ ou bien l = rd qui est à exclure.
    3. On voit donc que ( z) ® ¥. Ce résultat est meilleur que le résultat de Q3, puisqu'il concerne un cercle de rayon nettement plus petit ( » 1.2 au lieu de 2 ).

dev05_02.png

Figure 2: Disque, rectangle et antécédents itérés de z=0 .


home <- up ->

File translated from
TEX by TTH, version 2.92.
On 19 Apr 2001, 14:44.