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Devoir 19 (ds09)

corrigé

1  Premier problème

Soit a Î R* et b Î R fixés et l'équation différentielle


y¢¢-4y=a| x| +b
(1)

  1. Résoudre EQ. 1 sur R*+ . Résoudre EQ. 1 sur R*- .

    1. Les solutions de l'équation linéaire [(d2 )/(d x 2 )]k( x) -4k( x) = 0 sont k( x) = C1exp( 2x) +C2exp( -2x) , qui s'écrivent aussi k( x) = acosh( 2x) +bsinh( 2x) .
    2. Sur les positifs, il est évident que s1( x) = -[1/4]( a x+b) est solution. La solution générale de EQ. 1 est donc y1=s1+k soit
      y2( x) = a2cosh( 2x) +b2sinh( 2x) + 1
      4
      ( -a x-b)
    3. De même la solution générale de EQ. 1 sur les négatifs est


      y1( x) = a1cosh( 2x) +b1sinh( 2x) + 1
      4
      ( a x-b)

  2. Montrer qu'il existe des solutions f de EQ. 1 sur R et donner leur expression (on donnera f( x) pour x > 0 , f( x) pour x < 0 et f( 0) ) en fonction de deux paramètres).

    1. On sait que l'ensemble des solutions de EQ. 1 est un espace affine de dimension 2 (équation résolue en y¢¢ à coefficients continus).
    2. Pour obtenir une solution traversant x=0 , il suffit de recoller une solution y1 avec une solution y2 de sorte que y1( 0) = y2( 0) et y1¢( 0) = y2¢( 0) . Il vient a1=a2 et 2b1+[1/4]a=2b2-[1/4]a , soit b1=b2-[1/4] a .
    3. La partie impaire de y est, pour x > 0 , [1/2]( -y1( -x) +y2( x) ) soit un multiple de sinh( 2x) . La partie paire contient un multiple de cosh( 2x) ajouté à une certaine fonction (paire, et solution de EQ. 1). Il vient :
      y( x) = acosh( 2x) +bsinh( 2x) + a
      8
      ( sinh( | 2x| ) -| 2x| ) + b
      4
      ( cosh( 2x) -1)
      (2)
  3. Soit f0 la solution de EQ. 1 sur R vérifiant f( 0) = 0 et f¢( 0) = 0 . Donner f0( x) pour x > 0 et vérifier que f0 est paire.

    1. Le calcul précédent donne précisément la solution particulière paire et s'annulant en x=0 .
    2. Par raison de symétrie, cette solution, étant dérivable en x=0 , voit sa dérivée s'annuler en ce point.
  4. Étudier la branche infinie de f0 au voisinage de +¥. On montrera que le graphe de f0 admet une droite asymptote au voisinage de +¥ si et seulement si a=-2b .

    1. Pour x® ¥, on a sinhx ~ coshx ~ [1/2]expx . On a donc f0( x) ~ [(a+2b)/16]exp( 2x) à moins que a+2b=0 .
    2. Dans ce deuxième cas, les termes hyperboliques se combinent en un terme de l'ordre de exp( -2x) et il reste f0 ~ -[1/4]( a x+b) , prouvant l'existence d'une asymptote.
    Soit J( x) = ò0+¥[(sin2( t x) )/(t2)] dt.
  5. Montrer que J( x) existe pour tout réel x . Étudier la parité de J .

    1. L'intégrale J( x) = ò01( [sin( t x) /t]) 2 dt est celle d'une fonction continue sur un segment.
    2. L'intégrale J( x) = ò1¥( [sin( t x) /t]) 2 dt est celle d'une fonction positive, dominée par [1/(t2)] qui est intégrable.
    3. La parité est évidente : sin( t×( -x) ) 2=sin( t×x) 2 .
  6. Montrer que "x Î R : J( x) = | x| J( 1) .

    1. Pour x > 0 , on pose s=t x et l'on trouve J( x) = ò0+¥[(sin2( t x) )/(t2)] dt = x ò0+¥[(sin2( s) )/(s2)] ds=x J( 1) .
    2. Pour x < 0 , la limite t® +¥ devient s® -¥ et il y a changement de signe.
    On considère f( x) = ò0+¥[(sin( t x) 2)/(t2( 1+t2) )] dt, g( x) = ò0+¥[sin( 2t x) /(t( 1+t2) )] dt et h( x) = ò0+¥[2cos( 2t x) /(( 1+t2) )] dt.
  7. Montrer que f, g, h sont définies sur R.

    1. L'intégrale f( x) existe comme intégrale d'une fonction positive, dominée par une fonction intégrable (par exemple f( x) £ J( x) .
    2. Les deux autres intégrandes sont oscillants au voisinage de l'infini, il faut donc trouver un autre type de preuve.
    3. On a | òsS[cos( 2t x) /(( 1+t2) )] dt| £ òsS[| cos( 2t x) | /(( 1+t2) )] dt £ òsS[1/(( 1+t2) )] dt. Comme l'intégrale ò0S[1/(1+t2)] dt admet une limite pour S® ¥, elle vérifie le critère de Cauchy, à savoir "e > 0 : $M Î R : "s ³ M : "S ³ s : | òsS| £ e. Par conséquent l'intégrale h vérifie ce même critère. Ce qui prouve l'existence de h( x) = limS® ¥ò0S .
    4. Le même raisonnement s'applique à g( x) (il est d'usage de démontrer en détail le cas le plus litigieux).
  8. Citer clairement le théorème de la formule de Taylor-Lagrange puis de l'inégalité de Taylor-Lagrange. Établir que
    "t, u Î R : | sin2( t( x+u) ) -sin2( t x) -t u sin( 2t x) | £ t2u2

    1. Pour une fonction F de classe C2 sur [ x, x+u] , il existe v Î ] 0, u[ tel que F( x+u) = F( x) +u F¢( x) +[(u2)/2]F¢¢( x+v) .
      On a donc | F( x+u) -F( x) -u F¢( x) | = [(u2)/2]| F¢¢( x+v) | £ [(u2)/2]M avec M majorant du module de F¢¢.
    2. Appliquant à F( x) = sin( x t) 2 il vient | sin( t( x+u) ) 2-sin( tx) 2-u t sin( 2t x) | £ u2t2| cos( 2t( x+v) ) | . En majorant | cos| par 1 , on obtient la relation demandée.
  9. En déduire que "x Î R"u ¹ 0 : | [(f( x+u) -f( x) )/u]-g( x) | £ [(p)/2]| u| , puis que f est dérivable sur R et que f¢=g . On admet que l'on a de même g dérivable sur R et g¢=h .

    1. Soit D=| f( x+u) -f( x) -u g( x) | . On a D £ ò0¥| [(sin( t( x+u) ) 2-sin( t x) 2-u t sin( 2t x) )/(t2( 1+t2) )]|  dt. D'après ce qui précède D £ ò0¥[(u2)/(1+t2)]dt .
    2. On a donc, pour u ¹ 0 , | [(f( x+u) -f( x) )/u]-g( x) | £ [(p)/2]| u| . On a donc mieux que la convergence simple de [(Df)/(Du)] vers la dérivée g( x) , à savoir un facteur de Lipschitz.
    3. La convergence de [(Dg)/(Du)]( x) vers h( x) ne peut être démontré de la même façon : elle est admise. On aura remarqué que g( x) = ò0+¥[(d )/(d x )][(sin( t x) 2)/(t2( 1+t2) )] dt et h( x) = ò0+¥[(d )/(d x )][sin( 2t x) /(t( 1+t2) )] dt.
  10. Calculer f( x) -J( x) en fonction de h( x) .

    1. On a f( x) -J( x) = ò0¥[(sin( t x) 2)/(t2( 1+t2) )] dt-ò0+¥[(sin( t x) 2)/(t2)] dt = -ò0¥[(sin( t x) 2)/(1+t2)] dt.
    2. Comme 2cos( 2t x) = 2cos( t x) 2-2sin( t x) 2=2-4sin( t x) 2 , on a f( x) = J( x) +[1/4]h( x) -[(p)/4] .
  11. Montrer que f est solution de EQ. 1 sur R pour des valeurs de a et b que l'on exprimera en fonction de J( 1) et de p.

    Reportant h=g¢=f¢¢ et J( x) = | x| J( 1) dans ce qui précède, il vient [(d2 )/(d x 2 )]f( x) -4f( x) = p-4| x| J( 1)

  12. En se servant des conditions initiales, exprimer f( x) en fonction de x et de J( 1) .

    1. La fonction f est donc solution de EQ.1, les paramètres étant a=-4J( 1) et b=p.
    2. Un calcul immédiat donne f( 0) = g( 0) = 0 : la fonction cherchée n'est autre que f0 , soit f( x) = -[1/2]J( 1) ×( sinh( | 2x| ) -| 2x| ) +[(p)/4]( cosh( 2x) -1) .
  13. Montrer que "x > 0 : 0 £ x J( 1) -f( x) £ [(p)/2] . En déduire J( 1) = [(p)/2] .

    1. Revenons à J( x) -f( x) = ò0¥[(sin( t x) 2)/(1+t2)] dt. Par la majoration de Pythagore, il vient 0 £ J( x) -f( x) £ ò0¥[(12)/(1+t2)] dt = [(p)/2] .
    2. On en déduit que f( x) Î Q( exp( 2x) ) est impossible. Le seul cas restant (cf Q4) est a=-2b soit J( 1) = [(p)/2] .

2  Deuxième problème

  1. On prend x ¹ 0 , x réel. Montrer que si a > [1/2] alors ò0¥[(t arctan( 1/t) )/(( t2+x2) a)] dt existe.

    1. Pour x fixé non nul, l'intégrande est une fonction continue, positive, de t Î [ 0, +¥] . L'existence de l'intégrale équivaut à l'existence d'une majoration.
    2. Pour t® ¥ on a [1/t]® 0 et donc arctan[1/t] ~ [1/t] . On a donc [(t arctan( 1/t) )/(( t2+x2) a)] ~ [1/(( t2+x2) a)] ~ [1/(t2a)] . Par la règle de l'exposant, l'intégrale converge si et seulement si -2a < -1 .
    On pose g( x) = ò0+¥[(t arctan( 1/t) )/(t2+x2)] dt et h( x) = ò0+¥[(t arctan( 1/t) )/(( t2+x2) 2)] dt.
  2. Montrer que, pour x > 0 , h( x) = [(p)/(4x2( x+1) )] . En déduire h( x) pour x < 0 .

    1. Intégrons par parties en posant u=arctan( 1/t) et v¢=[t/(( t2+x2) 2)] .
      Il vient ò0M[(t arctan( 1/t) )/(( t2+x2) 2)] dt = -[1/2][(arctan( 1/M) )/(M2+x2)]+[1/4][(p)/(x2)]-[1/2]ò0M[1/(( 1+t2)  ( t2+x2) )] dt.
    2. Une décomposition en éléments simples donne [1/(( 1+t2)  ( t2+x2) )]=[1/(x2-1)]( [1/(t2+1)]-[1/(t2+x2)]) .
    3. On a donc hM( x) = [1/4] [(p)/(x2)]-[1/2][1/(M2+x2)]arctan( [1/M]) +[1/2][1/(x2-1)]( [1/x]arctan[M/x]-arctanM) et h( x) = limhM( x) = [(p)/4][1/(x2( x+1) )] lorsque x > 0 . Enfin, h est visiblement une fonction paire.
  3. Montrer que "x > 0 : 0 £ g( x) £ [(p)/2x] . Préciser limx® +¥g( x) .

    1. On a, pour 0 £ t £ [(p)/2] , 0 £ t £ tant . On en déduit, pour 0 £ u=tant , que 0 £ arctanu £ u et donc 0 £ [1/u]arctanu £ 1 .
    2. On en déduit 0 £ g( x) = ò0+¥[(tarctan( 1/t) )/(t2+x2)] dt £ ò0+¥[1/(t2+x2)] dt = [1/x][(p)/2] .
    3. Pour x® 0 on a donc g( x) ® 0 .
  4. Montrer que ò01[(t arctan( 1/t) )/(t2+x2)] dt ³ [(p)/8]ln( [(x2+1)/(x2)]) . En déduire que limx® 0+g( x) = +¥.

    1. Pour x > 0 , on intègre par parties ò01[(tarctan( 1/t) )/(t2+x2)] dt en posant u=arctan( 1/t) et v¢=[t/(t2+x2)] . Il vient ò01[(tarctan( 1/t) )/(t2+x2)] dt = [(p)/8]ln( x2+1) -[(p)/4]lnx2+[1/2]ò01[(ln( t2+x2) )/(1+t2)] dt.
    2. Or [1/2]ò01[(ln( t2+x2) )/(1+t2)] dt ³ [1/2]ò01[(lnx2)/(1+t2)] dt = [(p)/8]lnx2 .
    3. Donc ò01[(t arctan( 1/t) )/(t2+x2)] dt ³ [(p)/8]ln( [(x2+1)/(x2)]) . Pour x® 0 ce minorant tend vers +¥. On a donc limx® 0+g( x) = +¥
    On admet que g est dérivable pour x > 0 et que "x > 0 : g¢( x) = -2x h( x) .

    On remarque que g¢( x) = ò0+¥[(d )/(d x )][(t arctan( 1/t) )/(t2+x2)] dt

  5. Déterminer g( x) pour x > 0 et x < 0 . Quelle est la valeur de ò0+¥[(t arctan( 1/t) )/(t2+1)] dt ?

    1. Partant de g( +¥) = 0 et de g¢( x) = -2x×[(p)/4][1/(x2( x+1) )] , on a g( x) = [(p)/2]òx¥[1/(t( t+1) )] dt.
    2. En décomposant en éléments simples, il vient g( x) = [(p)/2]ln[(x+1)/x] . En particulier, g( 1) = [(p)/2]ln2 » 1.0888 .

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TEX by TTH, version 2.92.
On 13 May 2001, 12:18.