previous up next
Previous: previous Up: Return to previous menu Next: next

Devoir 22 (ds11)

corrigé

1 Exercice : suite récurrente

On considère la fonction maths telle que : maths
  1. Montrer que sur l'intervalle maths il existe une et une seule solution de l'équation maths. Soit maths cette solution. Montrer que maths appartient à maths.
    1. On a maths : la fonction est strictement croissante sur les intervalles où elle est dérivable.
    2. On a donc maths pour maths : aucune solution sur cet intervalle.
    3. La fonction (prolongée) est continue croissante sur maths, arrivant dans maths. On a donc l'existence et l'unicité d'un maths solution sur cet intervalle.
    4. Il suffit de vérifier maths pour avoir maths.
  2. Montrer que maths vérifie la relation : maths.
    1. Posons maths. On a maths puisque maths.
    2. Comme maths, on a maths et donc maths. Les angles maths et maths ont même tangente et appartiennent au même ``intervalle de bijectivité'' de la fonction maths. Ils sont donc égaux.
    On définit la suite maths par maths et, pour maths par maths.
  3. Montrer que, pour tout maths, maths (Indication : vérifier que maths).
    1. On a maths. On en déduit maths.
    2. Il est clair que la fonction d'itération maths est continue décroissante.
    3. On a d'une part maths et d'autre part maths.
    4. On en conclut que le segment maths est un segment stable.
  4. Montrer que, pour tout maths, maths et en déduire que la suite maths converge vers maths.
    1. La question consiste à trouver un facteur de contraction pour l'application maths, afin de conclure par le théorème du point fixe (la question 2 consistant précisément à montrer que maths).
    2. La formule de Taylor avec reste de Lagrange nous montre que chaque différence maths peut s'écrire maths avec maths.
    3. Comme maths pour maths, on peut conclure à la convergence de la suite.
    4. L'exécution effective du processus conduit à maths, avec un facteur de contraction maths.

2 Problème 1

2.1 Partie 1

Le plan est rapporté à un repère orthonormal maths, et maths est la fonction définie, pour maths par maths et par maths pour un certain maths. La courbe représentative de maths est désignée par désignée par maths. Bien entendu, on commence par tracer la courbe.

maths


  1. Déterminer le développement limité de maths à l'ordre 3 au voisinage de maths. En déduire maths pour que maths soit continue en maths. On prendra désormais maths égal à la valeur trouvée. Démontrer que maths est dérivable en maths. Préciser la position de la courbe par rapport à sa tangente au point d'abscisse maths.
    1. Il est clair que la fonction maths est impaire : le développement sera impair lui-aussi.
    2. On a fmaths.
    3. On obtient donc maths (le fond de la question est la démonstration des ordres de troncature, le détail des calculs pouvant être laissé aux machines).
    4. L'existence d'un développement au premier ordre prouve la dérivabilité en maths, et donne maths. Le terme suivant donne un équivalent pour maths, permettant de placer la courbe par rapport à sa tangente.
    5. Cet équivalent étant d'ordre maths, la tangente traverse la courbe, et celle-ci est au-dessus pour maths.
  2. Étudier les variations de maths sur maths. Donner le tableau de variations de maths.
    1. On a, pour maths, maths. Cette expression est strictement positive pour maths, puisqu'alors maths.
    2. La dérivée est donc strictement positive pour tout maths, et maths est strictement croissante.
  3. Étudier les asymptotes éventuelles de maths et préciser la position de maths par rapport à ses asymptotes. Tracer maths.
    1. L'étude pour maths est facilitée par passage à l'exponentielle. La fonction maths se réécrit en maths.
    2. Un développement en maths donne maths montrant que maths est asymptote, la courbe étant au-dessus.
    3. On peut aussi procéder en plusieurs étapes. On a successivement maths, puis maths et enfin maths.
    4. En utilisant la parité, on voit que maths est asymptote pour maths, la courbe étant placée en dessous.
  4. On considère l'équation différentielle maths : maths. La résoudre sur chacun des intervalles : maths et maths, puis sur maths.
    1. On commence par maths : maths. Sur les intervalles où maths, c'est à dire les intervalles ne contenant pas maths, cette équation se résoud en considérant les dérivées logarithmiques.
    2. Il vient maths, dont les solutions sont maths (si les dérivées logarithmiques sont égales, les fonctions sont proportionnelles).
    3. Cherchons donc les solutions de maths sous la forme maths, en prenant maths. Il vient maths, qui se réduit en maths. Une intégration par parties donne maths. D'où maths.
    4. Le résultat précédent a été établi pour des intervalles ne contenant pas maths, et donc pour les intervalles maths et maths (une constante par intervalle, ces constantes n'étant pas liées). Si l'on veut une solution sur maths, il faut au minimum que les solutions partielles soient unilatéralement prolongeables en maths, ce qui impose maths.
    5. On retombe alors sur la fonction étudiée précédemment, qui est de classe maths. Elle vérifie donc l'équation maths, tous les éléments de cette équation étant continus.

2.2 Partie 2

  1. Soit maths une fonction continue sur maths. Établir les deux résultats suivants qui pourront être utilisés par la suite :
    (1) Il existe une fonction maths unique, définie sur maths, admettant des dérivées première et seconde, telle que : maths.
    (2) Si maths avec maths, maths, maths, alors maths avec maths.
    1. Posons maths. Cette fonction est de classe maths avec maths et maths, prouvant l'existence. On voit aisément que maths pour toute solution du problème.
    2. Posant maths, la fonction maths est continue : en maths par hypothèse et ailleurs comme quotient de continues. Il est donc loisible de poser maths.
    3. On a alors maths, prouvant que le reste est un maths.
    Soit maths une fonction continue sur maths et strictement positive sur maths. On associe à maths la fonction maths définie par maths et, pour maths, par maths.
  2. Justifier que maths est effectivement définie sur maths. En appliquant à maths le résultat de la question 1.1, établir, pour maths la relation : maths. Montrer que maths pour maths. En déduire que maths est continue.
    1. On sait que l'intégrale d'une fonction positive, presque partout non nulle, est strictement positive (le segment d'intégration étant honnêtement choisi). Cela est évident pour une fonction continue positive, non nulle sauf peut-être aux bornes. On a en effet maths pour un certain maths.
    2. Les intégrandes sont continus, prouvant l'existence des intégrales. Pour maths, ce qui précède montre à la fois que le dénominateur est non nul et que maths.
    3. Une intégration par parties, avec maths, maths, maths, maths donne maths. On a donc maths pour maths.
    4. La majoration maths s'obtient en appliquant 2.a à la fonction maths. On en déduit maths.
    5. En maths, la fonction maths, possédant un facteur de Lipschitz, est continue. Et ailleurs aussi, comme quotient de continues, le dénominateur ne s'annulant pas.
  3. Démontrer que maths est dérivable et strictement croissante sur maths. Démontrer que si maths vérifie la condition (b) de la question 1, alors maths est dérivable à droite en maths. Préciser son nombre dérivé.
    1. Pour maths, la fonction maths est dérivable comme quotient de dérivables, le dénominateur étant non nul. Un calcul élémentaire donne maths, quantité strictement positive. On en déduit que maths est strictement croissante sur maths.
    2. Si l'on suppose en outre que maths, on a maths, soit maths, donnant l'existence et la valeur de la dérivée.
    3. En substituant directement dans la formule donnant maths, on obtient la même valeur ... sous l'hypothèse que maths serait de classe maths. Ce calcul est donc une vérification, et non une preuve.
  4. Déterminer une fonction maths telle que la fonction maths qui lui est associée soit la restriction à maths de la fonction étudiée dans la partie 1.
    1. Partant de maths, il vient maths et maths.
    2. On est donc dans le cas maths et maths.
  5. On suppose que maths est la fonction définie sur maths par maths. Déterminer maths. Quel est le nombre dérivé de maths à droite en maths ?
    1. Les calculs conduisent à maths.
    2. Un développement en série en maths donne maths, confirmant maths.

3 Problème 2

Notations : On considère dans tout le problème un maths-espace vectoriel maths de dimension finie maths non nulle. On note maths l'application identité de maths et maths l'ensemble des endomorphismes de maths, maths l'ensemble des matrices carrées d'ordre maths sur maths et maths la matrice unité d'ordre maths. Si maths et si maths est un sous-espace vectoriel de maths, on dira que maths est stable par maths si maths. On rappelle que, par définition, une valeur propre maths d'un endomorphisme maths de maths est un complexe tel qu'il existe un vecteur maths tel que maths et que maths. Un tel vecteur maths est alors appelé vecteur propre de maths pour la valeur propre maths. Un endomorphisme diagonalisable est un endomorphisme tel qu'il existe une base de maths dans laquelle la matrice de maths est diagonale.

3.1 Partie I

Dans cette partie, maths désigne un endomorphisme de maths tel qu'il existe une base maths de maths vérifiant maths avec maths complexes distincts.
  1. Quelles sont les valeurs propres de maths ? Les valeurs propres sont les maths. Comme elles sont distinctes, l'endomorphisme maths est diagonalisable. Soit maths un polynôme de maths et maths l'endomorphisme de maths défini par : maths
  2. Montrer que maths. Montrer que maths est diagonalisable. Calculer les valeurs propres de maths et son déterminant en fonction des valeurs propres de maths.
    1. Il est clair que maths commute avec ses propres puissances. Et partant avec les combinaisons linéaires de celles-ci.
    2. Dans la base maths, la matrice de maths est maths, donnant les valeurs propres et le déterminant maths.
  3. Application. Soit maths et maths.
    (1) Déterminer les valeurs propres de maths.
    (2) Montrer qu'il existe cinq complexes maths tels que maths. En déduire les valeurs propres de maths et une expression du déterminant de maths.
    (3) Soit maths tel que maths et maths. Simplifier maths. En déduire que maths.
    1. Il est clair que maths est la matrice d'un cycle d'ordre maths. On a donc maths. Posant maths, les valeurs propres sont les maths pour maths.
    2. On voit que maths : les valeurs propres de maths sont donc les maths avec maths.
    3. On sait que maths intervient dans le développement limité de maths. D'où l'idée d'évaluer le reste : maths. D'où maths pour les racines primitives cinquièmes.
    4. On a donc maths. Comme les maths (pour maths) sont les racines de maths, leur produit est maths, et le produit des maths est donné par la constante de maths, qui vaut maths. On en conclut maths.
  4. Soit maths un endomorphisme de maths tel que maths. On note maths une base de maths formée de vecteurs propres de maths.
    (1) Montrer que maths.
    (2) Soit maths nombres complexes fixés, notés maths. Montrer qu'il existe un unique polynôme maths tel que maths et que maths pour maths.
    (3) Déduire des questions précédentes qu'il existe un polynôme maths tel que maths et maths.
    1. On a maths. Si maths, alors maths et l'on pose maths. Sinon maths est vecteur propre de maths pour la valeur propre maths. Comme les sous espaces propres de maths sont de dimension maths, il existe une constante maths telle que maths.
    2. Il s'agit des polynômes d'interpolation de Lagrange. Pour l'existence, on pose maths et l'on a maths. Pour l'unicité, on constate que maths s'annule maths fois en étant de degré maths au plus.
    3. Lorsque maths est à valeurs propres distinctes, tout élément du commutant se diagonalise dans la base maths et il existe un polynôme maths tel que maths pour tout maths. On a donc maths et ,partant, maths.
  5. Soit maths. Montrer que les trois propriétés suivantes sont équivalentes : (1) maths ; (2) il existe une base de maths sur laquelle les matrices de maths et maths sont diagonales ; (3) il existe un polynôme maths tel que maths et maths.
    Montrer que maths est une maths-algèbre commutative. Quelle est sa dimension ?
    1. maths est Q4a. La réciproque est triviale puisque deux matrices diagonales commutent.
    2. maths est Q4c, tandis que la réciproque est Q2.
    3. Dans le cas examiné, maths et est donc une algèbre commutative de dimension maths puisque le polynôme minimal est égal au polynôme caractéristique.
  6. Application. Soit maths. (1) Déterminer les valeurs propres de maths et une matrice maths telle que maths soit diagonale. (2) On se propose de chercher les matrices maths telles que maths. Montrer qu'en pareil cas maths. En déduire toutes les solutions de maths. (3) Si maths est l'ensemble de ces solutions, calculer maths et maths.
    1. On calcule maths, montrant que maths est effectivement à valeurs propres distinctes. Les noyaux se calculent aisément, conduisant à la matrice maths. On vérifie que maths.
    2. Comme maths serait une puissance de maths, il commute avec maths et donc maths est dans le commutant de maths qui est, ici, maths. Posant maths avec maths, on a maths. Ce qui conduit à maths, maths, et maths solution de maths. La relation maths est immédiate : sinon maths serait inversible, et maths aussi. Le fait que maths figure par son cube vient de ce que maths solution implique maths solution.
    3. Une méthode plus raisonnable consiste à utiliser la diagonalisation : la matrice maths est semblable à mathsmaths décrit les trois racines cubiques de maths et maths les trois racines cubiques de maths. On retrouve l'existence de maths solutions distinctes.
    4. Faire la somme des maths solutions revient à prendre trois fois la somme des maths et trois fois celle des maths, soit maths les deux fois. D'où maths.
    5. Faire le produit revient à prendre le cube du produit des maths et le cube du produit des maths, soit maths et maths. D'où maths.
    6. Autre version de la chose : les solutions peuvent être groupées trois par trois et s'écrire maths. La somme par lot est nulle, le produit par lot donne maths.

3.2 Partie 2

Soit maths un sous-groupe fini et commutatif du groupe maths des automorphismes de maths. On note maths le nombre d'éléments de maths.
  1. On se propose de montrer que tous les éléments de maths ont au moins un vecteur propre en commun. (1) Traiter le cas maths. (2) Traiter le cas où tous les éléments de maths sont des homothéties. (3) Montrer que si un automorphisme maths n'est pas une homothétie et si maths, maths admet au moins une valeur propre maths et un sous-espace propre associé maths de dimension strictement inférieure à maths. Vérifier que maths est stable par tous les éléments de maths. (4) Démontrer par récurrence sur l'entier maths qu'il existe un vecteur propre commun à tous les éléments de maths.
    1. Les automorphismes de maths en tant que maths espace vectoriel sont les homothéties. Le cas maths résulte donc de (2).
    2. Pour une homothétie, tout vecteur non nul est un vecteur propre. Pour un groupe d'homothéties, tout vecteur non nul est donc vecteur propre commun.
    3. Supposons l'existence d'un maths qui ne soit pas une homothétie. Il possède au moins une valeur propre maths, puisque maths possède au moins une racine, et maths est différent de maths (on aurait sinon maths).
    4. Cet maths est stable par tout maths. Soit en effet maths. La commutativité donne maths, ce qui prouve maths.
    5. Supposons donc qu'il existe un groupe maths d'automorphismes d'un espace de dimension maths tel qu'il n'existe pas de vecteur propre commun à tous les maths. Ce groupe ne peut être un groupe d'homothétie. Il existe donc un sous-espace de dimension strictement inférieure (le maths ci-dessus) pour lequel maths est à nouveau un groupe d'automorphisme sans vecteur propre commun. On aurait donc une suite strictement décroissante d'entiers positifs, ce qui ne peut exister.
  2. A tout élément maths de maths on associe maths défini par maths. Montrer que maths et que maths.
    1. mathsest linéaire comme combinaison linéaire de composées d'applications linéaires.
    2. Soit maths. Alors maths. Comme l'ensemble des maths, à maths fixé, n'est autre que l'ensemble des maths, on a maths.
  3. Un sous-espace vectoriel maths de maths est dit stable par maths s'il est stable par tout élément de maths. Soit maths un sous-espace vectoriel stable par maths. (1) Montrer que : maths. (2) Soit maths un projecteur de maths d'image maths. Montrer que maths (défini au 2) est un projecteur de maths d'image maths et de noyau stable par maths. (3) En déduire que tout sous-espace vectoriel de maths stable par maths a un supplémentaire dans maths stable par maths.
    1. Comme maths est stable, on a maths. Comme maths est bijectif, il y a conservation de la dimension et donc maths.
    2. Soit maths un projecteur tel que maths. Partons de maths. On a maths. Par stabilité de maths, on a maths et donc maths. D'où maths.
    3. Pour tout maths, on a maths. Donc chaque maths est dans maths (stabilité) et maths. On en conclut que maths est un projecteur sur maths.
    4. Soit maths et maths. On a maths et maths. Cet ensemble est donc stable par maths. On en déduit que tout sous espace maths stable par maths possède un sous espace supplémentaire stable lui aussi.
  4. Déduire des questions précédentes qu'il existe une base de maths sur laquelle tous les éléments de maths ont une matrice diagonale.
    1. Si maths est un groupe d'homothéties, les maths s'écrivent de façon diagonale dans n'importe quelle base.
    2. Sinon, il existe au moins un maths qui n'est pas une homothétie, et qui alors possède au moins un sous espace propre maths de dimension strictement inférieure. Ce sous espace maths et au moins l'un de ses supplémentaires maths sont stables par maths.
    3. On peut donc itérer le processus en partant de maths puis de maths. Ayant supposé maths de dimension finie, l'algorithme se termine nécessairement.
  5. Énoncer une condition nécessaire et suffisante pour qu'un sous-groupe fini de maths soit commutatif.
    1. On a montré : un sous-groupe commutatif fini de maths est codiagonalisable. En sens inverse, un sous-groupe codiagonalisable de maths est commutatif.
    2. On remarquera qu'il suffit d'un seul élément non diagonalisable pour que le groupe soit infini, par exemple le groupe des matrices engendré par maths avec maths.

previous up next
Previous: previous Up: Return to previous menu Next: next


douillet@ensait.fr
2003-11-05