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Commençons par rappeler que la notion de fonction dérivée est issue
de la notion de linéarisation, c'est à dire d'approximation par une
fonction linéaire (FIG. 1.1).
- La dérivée d'une fonction (dérivable) est la pente de la tangente
à la courbe. En désignant par
et
les variations
de coordonnées le long de la tangente, la relation
ne dépend pas du fait que
soit petit ou non : une droite
"va en ligne droite" sur toute sa longueur !
FIG.:
Distinguer
et
!
|
|
- Par contre la relation
dépend,
elle, de ce que
est supposé petit. Plus précisément, on
a
et cette formule n'est significative que dans un certain domaine
de validité. En dehors de ce domaine, il faut changer de tangente.
- Tout cela se généralise à des fonctions vectorielles d'une variable
vectorielle. Dans ce cas la "pente" n'est plus un
simple nombre, mais la matrice d'une application linéaire.
1.2 Un exemple caricatural
Voici un exemple d'optimisation sous contraintes. Cet exemple est
deux fois caricatural. En premier lieu, il constitue un modèle bien
trop simple pour pouvoir capturer la réalité d'un processus industriel
réel. En second lieu, il est tellement simple que l'on peut en trouver
la solution d'un seul coup, uniquement en traçant la figure correspondante.
L'objectif poursuivi est simplement de décrire une problématique.
- Soit à optimiser la production d'un atelier fabriquant deux sortes
de produits. On se demande comment choisir les quantités
et
fabriquées de façon à optimiser le bénéfice
.
Bien entendu, la réponse n'est pas
, car il y
a inévitablement des contraintes sur les valeurs des
.
- En premier lieu, il est clair que
et que
.
- Ensuite, on peut imaginer des contraintes liées à la saturation du
marché, conduisant par exemple à
et
,
et une contrainte de fabrication
.
- On voit tout de suite que
est un point admissible
(vérifiant toutes les contraintes). La question est de faire un meilleur
bénéfice que 0 !
- Chacune des contraintes a pour effet de séparer le plan en deux régions
: un demi-plan ouvert où la contrainte n'est pas satisfaite et un
demi-plan fermé (i.e. frontière comprise) où la contrainte est satisfaite.
L'ensemble des points admissibles (i.e. vérifiant toutes les contraintes)
est donc une surface polygonale convexe.
- La FIG. 1.2 représente en grisé les régions du plan
où l'une au moins des contraintes n'est pas satisfaite. L'ensemble
des points admissibles apparaît en blanc sur la figure.
FIG. 1.2:
Polygone admissible.
|
|
- Les deux droites de la FIG. 1.3 correspondent
à
et
. Il est clair que toutes les droites
sont parallèles entre elles, et que
augmentant, ces droites finissent
par ne plus couper le polygone des points admissibles : le point cherché
est donc le sommet
.
Definition 1.3.1
Un système facile est un système tel que l'origine des coordonnées
soit un point de fonctionnement du système (c.à.d. vérifie l'ensemble
des contraintes). En pareil cas, le problème consiste à trouver le
meilleur point de fonctionnement.
Remark 1.3.2
Lorsqu'un problème "n'est pas facile", il faut commencer
par trouver un point de bon fonctionnement, ou bien démontrer qu'il
ne peut exister de points de bon fonctionnement.
Remark 1.3.3
Contrainte égalité. Une égalité

ne peut pas
être utilisée directement pour réduire le nombre de variables, car
il faut continuer à exprimer les contraintes sur chaque variable.
Remark 1.3.4
Contrainte inégalité. Une telle contrainte peut être transformée en
une égalité par introduction d'une nouvelle variable, en remplaçant

par

.
Definition 1.4.1
Un "programme linéaire" est un modèle dans lequel
à la fois les contraintes et la fonction objectif ont été modélisés
par des fonctions du premier degré.
Definition 1.4.2
On dit qu'une partie

de

est convexe lorsque

implique
![$ \left[a,\, b\right]\subset A$](img35.png)
.
Proposition 1.4.3
L'intersection d'un nombre quelconque de convexes est encore convexe
(et éventuellement vide...).
Definition 1.4.4
L'enveloppe convexe d'un ensemble

est le plus petit convexe contenant

. Cette enveloppe est l'intersection de tous les convexes contenant

.
Theorem 1.4.5
Le domaine de validation des contraintes d'un programme linéaire est
un ensemble convexe à faces hyperplanes (polytope), et l'extremum
de la fonction linéaire à optimiser est atteint en un ou plusieurs
sommets du polytope.
Proposition 1.4.6
Le maximum est atteint par exactement tous les points appartenant
à l'enveloppe convexe des sommets optimaux (hyper-arête du polytope).
Proposition 1.4.7
L'hyperplan
est un hyperplan d'appui du polytope, c'est à
dire qu'ils ont au moins un point en commun, et que tous leurs points
communs sont des points frontière du polytope.
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douillet@ensait.fr
2007-10-23