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Ensait - A3 - Recherche Opérationnelle
Date: DS du 14/11/2003
Durée : 2 heures.
Tous documents autorisés.
L'usage d'un ordinateur (et des programmes indiqués en
cours) est recommandé.
Le listing des calculs fait sur ordinateur sera joint (deux
pages par feuille, folioté).
Le commentaire écrit fera des références précises à cette feuille
de calcul.
Une entreprise peut fabriquer deux sortes de tissus : X et Y,
à partir de fils C1, C2, T. Les stocks permettent de faire
bobines pour le fil C1,
bobines pour le fil C2 et
bobines pour le fil T. Produire cent mètres du premier tissu utilise
bobines de fil C1,
bobines de fil C2 et
bobines
de fil T. Produire cent mètres du deuxième tissu utilise
bobines
de fil C1,
bobines de fil C2 et
bobines de fil T.
On se demande quelle est la production optimale en estimant
que les ventes permettront de dégager un bénéfice de 4 € par
mètre pour le tissu X et de 5 € par mètre pour le tissu
Y.
- Écrire les inéquations décrivant les contraintes. Représenter
l'ensemble des fabrications possibles.
- On prend pour inconnue les quantités produites (unité = cent mètres).
La question posée revient à déterminer
- On utilise les utilitaires fournis pour tracer l'ensemble des points
acceptables. Comme il se doit, cet ensemble est convexe.
Figure 1:
L'ensemble des points acceptables.
|
|
- Résoudre le problème par la méthode du simplexe (détailler les
étapes).
- On commence par numéroter les variables, obtenant :
- Puis on met en équations, introduisant de nouvelles variables.
- Comme l'origine est un point acceptable pour le système initial, il
n'est pas nécessaire d'introduire des variables spéciales et l'algorithme
ne comportera qu'une seule phase. On part donc de l'origine:
- On déroule les calculs:
- Le résultat final est donc :
La décision recommandée est donc :
mètres du premier tissu,
mètres du second. Et le bénéfice espéré est 5400 € .
Figure:
La décision recommandée.
|
|
- Déterminer quelles sont, parmi les contraintes du problème,
celles qui sont réellement limitatives quant aux bénéfices possibles.
Déterminer quel est le prix maximal acceptable pour la relaxation
de l'une de ces contraintes ?
- Les contraintes effectivement contraignantes sont celles qui déterminent
le sommet optimal. Ici, les contraintes 3 et 4, portant sur C1 et
C2.
- Pour déterminer la valeur de rachat de la contrainte (3), on maximise
le système obtenu en supprimant cette contrainte. On obtient les résultats
suivant (dans lesquels les variables auxiliaires ont été renumérotées) :
- On procède de même pour la contrainte (4).
- En résumé: la relaxation de la première contrainte permettrait un
bénéfice supplémentaire de 100 €, et la relaxation de la
deuxième contrainte un bénéfice supplémentaire de 363 €.
Cette relaxation ne vaut évidemment pas plus que le bénéfice supplémentaire
attendu.
- Une étude sérieuse devrait prendre en compte les "risques
commerciaux", c'est à dire utiliser une description probabiliste
des bénéfices (qui dépendent des prix auxquels se feront les ventes
futures) et non pas un chiffrage déterministe.
- Après coup, on constate que les deux tissus se sont vendus en
dégageant un bénéfice de 6 € par mètre. A-t-on lieu d'être
satisfait de la décision prise à la question 2 ?
- La question n'est pas de constater que le bénéfice réel est supérieur
au bénéfice espéré, mais de se demander si ce bénéfice n'aurait pas
été supérieur avec une autre décision.
- Graphiquement, on constate que les droites
sont parallèles
à l'un des côtés du simplexe. Maximiser la constante s'obtient en
choisissant n'importe quel point entre
, et
: la décision proposée reste la décision
optimale.
Maximiser :
- On numérote les variables et le système devient:
- La mise en équations fait apparaître 5 variables associées aux contraintes
et deux variables spéciales (puisque deux contraintes ne sont pas
vérifiées par l'origine du système). L'objectif de la première phase
est d'arriver en
, c'est à dire à un point vérifiant
toutes les contraintes.
En appliquant l'algorithme, il vient :
- L'objectif de la première phase était de localiser un sommet tel que
, c'est à dire un sommet faisant partie du domaine
acceptable du problème posé (ici, le point 4, 6, 7). On réécrit le
problème sans les variables spéciales, obtenant :
On constate que les dérivées partielles de la fonction de bénéfice
sont toutes négatives : le maximum est atteint et il n'y a plus rien
à faire.
Remarque : l'algorithme utilise un tirage au sort chaque fois qu'il
y a une décision à prendre. Une autre exécution donnerait une répartition
différente du travail entre les deux phases.
- Finalement, la décision recommandée est
,
et le bénéfice espéré se monte à
.
Dans une certaine entreprise, la valeur ajoutée par ouvrier
et par heure est de 100 €. La journée de travail est de 7
heures. Les ouvriers doivent passer de temps à autre au service du
personnel. On modélise leurs inter-arrivées par un processus de Markov
avec
(quatre arrivées par heure en moyenne). Le temps
de traitement de leur demande par l'employé présent est modélisé par
un processus de Markov avec
(cinq traitements par heure
en moyenne). Le salaire journalier d'un employé est 72 €.
- Quel est le temps moyen de passage d'un ouvrier au service du
personnel ?
Le débit résiduel est
. Donc le temps passé total
est de une heure.
- Quel est le coût journalier du processus pour l'entreprise ?
Salaire de l'employé :
€(par jour). Il y a en moyenne
visites, soit
heures de production en moins, et un coût
de
€par jour.
- On se propose d'optimiser ce processus en embauchant un ou plusieurs
employés supplémentaires. Déterminer la fonction de coût pour l'entreprise.
En déterminer le minimum.
- En appelant
le nombre total d'employés et en assimilant le service
à un serveur unique, de débit
, on obtient :
- On détermine le minimum par essais successifs.
.
| 1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| 2872 |
611 |
470 |
463 |
493 |
.
- Quelle est la décision "industrielle" à prendre
?
- Porter le service à trois personnes, en y affectant deux nouvelles
personnes.
- Autant, en effet, l'hypothèse Markov sur les inter-arrivées semble
réaliste, autant la même hypothèse sur les traitements est discutable.
Il est bien rare qu'un service soit réellement markovien. En particulier,
il est clair que l'indépendance supposée entre les arrivées et les
services est un moyen de simplifier les calculs plus qu'une réalité.
Enfin, le regroupement de plusieurs services markoviens n'est pas
réellement markovien.
- Les incertitudes de modélisation ne permettent donc pas d'affirmer
que
est meilleur que
. Un choix "conservatif"
est donc à recommander.
- Quel sera alors le taux d'occupation des employés du service
? Comparer avec le taux actuel.
- Avec un employé, la capacité de traitement est 5 par heure. Le nombre
de cas effectivement traités dépend des arrivées et vaut 4 par heure,
soit
.
- Avec trois employés, la capacité de traitement passe à
par heure,
tandis que le nombre de cas à traiter reste inchangé. Le taux d'occupation
devient
.
- Le dimensionnement des services ne doit donc pas se fonder sur le
taux d'occupation de ces services, mais sur une rentabilisation de
l'ensemble du processus.
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douillet@ensait.fr
2004-01-22