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Definition 2.2.1
Soit

une matrice carrée. On dit que

est une colonne propre
pour

si (1) la colonne

n'est pas la colonne nulle et si
(2) il existe une constante

(la valeur propre associée)
telle que :
Theorem 2.2.2
Une constante
est valeur propre de la matrice carrée
si et seulement si
est racine du polynôme caractéristique :
Preuve.
Par définition,

avec

. La matrice

n'est donc pas inversible lorsque

est valeur propre : son
déterminant est donc nul.
Remark 2.2.3
On rappelle que

et que (règle
de Sarrus)
Plus généralement,

contient

termes, chaque terme étant
le produit de

facteurs (un par ligne et par colonne) avec les
signes convenables.
Definition 2.2.4
On dit qu'une matrice carrée

est diagonalisable lorsqu'il existe

colonnes propres indépendantes. Ceci revient à l'existence
d'une matrice inversible

et d'une matrice diagonale

telles que :
Proposition 2.2.5
Lorsque
est inversible, les matrices
et
ont le même polynôme caractéristique. En particulier elles ont même
trace (opposée de la somme des racines) et même déterminant (produit
des racines, au signe près).
Theorem 2.2.6
Lorsque les racines du polynôme caractéristiques sont distinctes deux
à deux, la matrice est diagonalisable.
Preuve.
Pour chaque racine du polynôme caractéristique, il existe au moins
une colonne propre. Si existe

racines (distinctes), on choisit
une colonne propre

pour chaque

.
Supposons

. Alors, pour

,

.
Comme la matrice

est inversible (Vandermonde),
chaque

est nul et donc chaque

, montrant
que la famille des

colonnes propres n'est pas une famille liée.
Theorem 2.2.7
Une matrice symétrique réelle est toujours diagonalisable, ses valeurs
propres sont réelles et on peut choisir
orthogonale réelle (i.e.
telle que
soit diagonale).
Preuve.
Soit

symétrique réelle,

une valeur propre et

une colonne propre. La quantité

est un nombre, et donc invariant par transposition. Il vient :
montrant que

est réelle. Le fait que

et

soient nuls ou vecteurs propres explique la possibilité de

réelle.
Une preuve complète se trouve dans
Arnaudiès and Fraysse (1990, p.110).
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douillet@ensait.fr
2008-01-22