Previous: 1.2 Un exemple
Up: 1. Asserting
Next: 1.4 Influence d'une modalité
  Contents
Subsections
Definition 1.3.1
Une équation linéaire est une équation dont l'ensemble des solutions
est stable par combinaisons linéaires (i.e. forme un espace vectoriel).
Example 1.3.2
L'équation

est une équation linéaire. En effet, l'ensemble
de ses solutions est

qui est une droite vectorielle.
Definition 1.3.3
Une équation affine est une équation dont l'ensemble des solutions
est stable par combinaisons barycentriques (i.e. forme un espace affine).
Example 1.3.4
L'équation

est une équation affine. En effet, l'ensemble
de ses solutions est

qui est une droite affine. On vérifie que

implique

.
Remark 1.3.5
Parler "d'équation sans second membre" est exactement
aussi stupide que parler d'équation sans signe égal.
Scilab 1.3.6
On rappelle que a=b sert à coder une affectation (on range
dans la boite nommée a le résultat de l'évaluation de b) et que a==b
sert à coder un test (tout comme a<=b, a~=b,
etc). Scilab n'étant pas un logiciel de calcul formel, il n'y a aucun
moyen de coder une équation en tant que telle.
Maple 1.3.7
On rappelle que
a:=b sert à coder une affectation (on range
dans la boite nommée a le résultat de l'évaluation de b) et que
a=b
sert à coder une substitution (
subs,
changevar,
etc). La bonne façon de coder l'équation

est
eq:= b-a.
Proposition 1.3.8
Un système d'équations affines comme
peut s'écrire sous forme matricielle, c'est à dire :
Vouloir qu'il y ait existence et unicité de la solution
est équivalent
à l'inversibilité de la matrice
(système de Cramer).
Remark 1.3.9
La notation

pour le vecteur inconnu est liée au fait que, par
la suite, nous chercherons à caractériser une fonction inconnue en
tant que
forme linéaire.
Scilab 1.3.10
Rappelons qu'il n'y a pas de distinction matrice/vecteur dans Scilab,
mais seulement des matrices dont les éléments sont accessibles à la
fois "matriciellement" et "vectoriellement".
Ainsi
mm=[11,12,13;21,22,23], [li,co]=size(mm) donne
:
Exercise 1.3.11
Donner la formule liant les
tels que mm(j,k)
et mm(i) accèdent au même élément de
la matrice mm.
Maple 1.3.12
Dans ce module nous utilisons les matrices "nouvelle version",
soit :
with(LinearAlgebra) ;
ma:= Matrix([[3,2],[2,1]]); mf:= Vector([y,z]); ...
mf = (1/ma).mb ;
Remark 1.3.13
Un système surdéterminé est un système où il y a plus d'équations
que d'inconnues. Dans ce cas, il faut s'attendre à ce que l'équation

soit impossible. Lorsque le système est obtenu par un ensemble
de mesures expérimentales, il est indispensable de tenir compte des
incertitudes et la sémantique du problème est alors d'obtenir le meilleur
ajustement pour

.
Example 1.3.14
Le système

est impossible. En effet les
deux premières équations ont pour solution

. En reportant
dans la troisième équation, on obtient

. Par contre, on peut
chercher à résoudre
Definition 1.3.15
La méthode des moindres carrés consiste à définir

par le fait que le Pythagore de

(la somme des carrés des coordonnées)
soit minimal.
Scilab 1.3.16
La somme des carrés des coordonnées d'un vecteur colonne V s'obtient
en faisant le produit scalaire ligne par colonne, autrement dit:
deff('c=Pythagore(a)', 'c= a''*a')
Maple 1.3.17
La somme des carrés des coordonnées d'un vecteur colonne V s'obtient
en faisant le produit scalaire ligne par colonne, autrement dit:
Pythagore:= v -> Transpose(v).v ;
Theorem 1.3.18 (Moindres carrés)
L'équation aux moindres
carrés associée à
est :
dont la solution est :
 |
(1.1) |
Preuve.
L'objectif est de trouver la valeur

qui minimise la somme des
carrés des coordonnées de

. On pose :
En développant et en utilisant que le scalaire

est égal à sa transposée, il vient :
Remark 1.3.19
Pour un système simplement déterminé, la relation

implique
évidemment que

. Le contenu
du théorème précédent est de permettre la transformation d'une approximation
(

) en une équation.
Definition 1.3.20
La valeur minimale de

s'appelle variance résiduelle expérimentale.
On la note aussi

. C'est la valeur moyenne du carré
de l'écart entre les valeurs effectivement mesurées et les valeurs
prédites par le modèle pour ces mêmes essais. En appelant

la variance expérimentale des valeurs

, on définit le facteur
expérimental de réduction de variance comme étant le quotient :
Proposition 1.3.21
Pour tout système, on a
.
Example 1.3.22
Ici, la matrice

est une matrice

inversible,
et l'on obtient :
La valeur cible (température) varie entre

et

, avec
un écart-type de

(

). Les écarts entre
les valeurs expérimentales et les valeurs recalculées à l'aide du
modèle vont de

à

avec un écart-type de

(

).
Le

vaut donc

(ce qui est très bon), conduisant grosso
modo à diviser par

à la fois l'amplitude et l'écart-type. L'épaisseur
du modèle se voit sur la F
IG. 1.3, où
sont portés les couples (exper, theor-exper).
FIG. 1.3:
Écarts résiduels.
|
|
Scilab 1.3.23
La commande
size donne les deux dimensions d'une matrice.
Les modificateurs c, r, * permettent d'obtenir le nombre de colonnes,
le nombre de lignes ou bien le nombre total d'éléments de la matrice.
Pour un vecteur

de moyenne nulle (plan équilibré), la variance
de

s'obtient par :
V'*V / size(V, '*').
Scilab 1.3.24
La commande variance ne donne pas la variance, mais le prédicteur
de variance globale issu d'un échantillon.
Remark 1.3.25
La méthode des moindres carrés est sensible aux "valeurs
aberrantes" : lorsqu'une expérience donne un résultat s'écartant
notablement du modèle, il convient de refaire cette expérience de
façon à ou bien éliminer une erreur expérimentale, ou bien confirmer
que cette expérience apporte une information significative.
Remark 1.3.26
Il est toujours possible de bricoler un modèle de façon à le faire
passer exactement par l'ensemble des points expérimentaux, amenant
le

à une valeur "trop belle pour être vraie".
En procédant ainsi, on obtient presque toujours un modèle fortement
instable (oscillant), donnant des prédictions aberrantes pour les
points de

. Or la sémantique du calcul entrepris
est de minimiser l'erreur de modèle non pas sur

mais précisément
sur

tout entier.
Definition 1.3.27
On appelle

théorique le quotient de nos meilleurs estimateurs

et

des quantités

et

qui seraient issues d'un plan complet :
Proposition 1.3.28
Si les écarts
sont aléatoires et identiquement distribués,
ce quotient vaut :
où
sont les dimensions de la matrice
(nombre d'essais
et nombre de coefficients).
Remark 1.3.29
L'espérance d'un quotient n'est pas le quotient des espérances, et
la formule ci-dessus peut conduire à des valeurs inférieures à

pour l'estimation du

global. Il n'en reste pas moins que :
si l'on utilise

essais pour un modèle à

paramètres concernant
une population de grande taille, la confiance à apporter au modèle
obtenu est
nulle.
Previous: 1.2 Un exemple
Up: 1. Asserting
Next: 1.4 Influence d'une modalité
  Contents
douillet@ensait.fr
2008-01-22