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Subsections

A. Compléments

A.1 Formules de Morgan

Hypothèse : on se limite aux ensembles $ A,\, B,\,\cdots$ inclus dans un ensemble $ \Omega$ fixé, autrement dit, on suppose $ A,\, B,\cdots\in\mathcal{P}\left(\Omega\right)$.

Definition A.1.1   La fonction caractéristique de l'ensemble $ A$ est la fonction $ \chi_{A}\,:\,\Omega\hookrightarrow\left\{ 0,\,1\right\} $ définie par $ \chi_{A}\left(x\right)=1$ lorsque $ x\in\Omega$ et $ \chi_{A}\left(x\right)=0$ lorsque $ x\notin\Omega$ (rappel : $ A\subset\Omega$).

Definition A.1.2   Pour un ensemble fini, on a $ Card\left(A\right)=\sum_{x\in A}\chi_{A}\left(x\right)$.

Proposition A.1.3   Pour $ C=A\cap B$, on a $ \chi_{C}=\chi_{A}\times\chi_{B}$ puisque $ x\in C$ est défini par $ x\in A\: et\: x\in B$.

Proposition A.1.4   Pour $ C=\overline{A}$, le complémentaire de $ A$, c'est à dire $ \left\{ x\in\Omega\,\left\vert\, x\notin A\right.\right\} $, on a $ \chi_{C}=1-\chi_{A}$.

Proposition A.1.5   Pour $ C=A\cup B$, on a $ \chi_{C}=\chi_{A}+\chi_{B}-\chi_{A}\,\chi_{B}$. En effet, la formule $ \chi_{A}+\chi_{B}$ aurait pour effet de compter deux fois les éléments commune à $ A$ et à $ B$ : il convient donc de soustraire les éléments communs.

Theorem A.1.6 (Morgan)   Pour $ C=\overline{A\cup B}$, on a donc

$\displaystyle \chi_{C}=1-\chi_{A\cup B}=1-\left(\chi_{A}+\chi_{B}-\chi_{A}\,\chi_{B}\right)$

Qui se factorise en $ \chi_{C}=\left(1-\chi_{A}\right)\left(1-\chi_{B}\right)=\chi_{\overline{A}}\,\chi_{\overline{B}}$. Prouvant que $ \overline {A\cup B}=\overline {A}\cap \overline {B}$. L'autre formule se démontre de même. On a donc :

$\displaystyle \overline{A\cup B}=\overline{A}\cap\overline{B}\qquad;\qquad\overline{A\cap B}=\overline{A}\cup\overline{B}$ (A.1)

FIG. A.1: Visualisation de la formule $ \overline {A\cup B}=\overline {A}\cap \overline {B}$.
% latex2html id marker 11021
\includegraphics[width=1\columnwidth,height=10cm]{figures/diag_wenn}

Remark A.1.7   Critique : le problème de base en théorie des ensembles est d'être certain que l'on n'est pas en train utiliser le résultat à démontrer au cours de la démonstration de ce résultat. Or la notion de fonction nécessite celle d'ensemble et ... les ennuis commencent. En bref, nous avons montré : "si la théorie des ensembles est cohérente, alors la formule de Morgan s'applique".

Remark A.1.8   On notera la ressemblance entre les formules pour $ \chi$ (la mesure de dénombrement) et les formules pour $ Pr\left(.\right)$ (la mesure de probabilité).

A.2 Loi géométrique

Definition A.2.1   Loi géométrique : $ X=Geom\left(a\right)$ veut dire : $ X$ prend ses valeurs dans $ \mathbb{N}$ et $ Pr\left(X=n\right)$ proportionnelle à $ a^{n}$.

Proposition A.2.2   Formules :

$\displaystyle Pr\left(X=n\right)=\frac{1}{1-a}a^{n}\;;\;\mathrm{E}\left(X\right)=\frac{1}{1-a}\;;\;\mathrm{var}\left(X\right)=\frac{a}{\left(1-a\right)^{2}}$

Exercise A.2.3   Tester numériquement ces formules pour $ a=0.2$. Les démonter dans le cas général. Calculer les moments et les moments centrés correspondants.


A.3 Passage de la loi binomiale à la loi de Gauss

  1. Notations. Soit $ J$ une variable binomiale de paramètres $ n$ (le nombre total d'essais) et $ p$ (la probabilité de succès à une épreuve élémentaire). On pose $ q=1-p$ et $ k=n-j$. On a $ Pr\left(J=j\right)={{n \choose k}}\, p^{j}\, q^{k}$.
  2. Variable réduite. On sait que $ \mathrm{E}\left(J\right)=n\, p$ et $ \sigma^{2}\doteq\mathrm{var}\left(J\right)=n\, p\, q$. La variable réduite $ X$ associée à $ J$ est $ X=\left(J-\mathrm{E}\left(J\right)\right)\div\sigma_{X}$, soit $ x=\frac{j-n\, p}{\sigma}$.
  3. Changement de variable. On peut vérifier que $ j=\frac{1}{q}\,\sigma^{2}+x\,\sigma$ et $ k=\frac{1}{p}\,\sigma^{2}-x\,\sigma$. On sait que la probabilité se représente par une surface (bâton d'un histogramme, tranche d'Archimède dans un graphe). Pour $ n$ fini fixé, on a évidemment $ Pr\left(J=j\right)=Pr\left(X=x\right)$. La hauteur des rectangles dans l'histogramme en $ j$ vaut $ \frac{1}{\Delta j}Pr\left(J=j\right)$ et la hauteur des rectangles de l'histogramme en $ x$ (que nous allons noter $ f\left(x\right)$) vaut $ \frac{1}{\Delta x}Pr\left(X=x\right)$. Comme $ \Delta j=1$ et $ \Delta x=\frac{1}{\sigma}\Delta j$, on part donc de

    $\displaystyle f\left(x\right)=\sigma\,\frac{n!}{j!\, k!}\, p^{j}q^{k}$

  4. Formule de Stirling (version faible). Posons $ u_{n}=\ln\left(n!\,\div\, n^{n}\right)$ et $ v_{n}=u_{n+1}-u_{n}$. Les techniques usuelles de développement limité conduisent à ,

    $\displaystyle v_{n}=n\,\ln n-n\,\ln\left(n+1\right)=-1+\frac{1}{2n}+\mathbf{O}\left(1/n^{2}\right)$

    On en conclut que $ \sqrt[n]{n!}\sim\frac{n}{e}$, c'est à dire le quotient de $ n$ par la moyenne géométrique des $ n$ premiers nombres entiers tend vers $ e=2.718\cdots$.
  5. Formule de Stirling (version forte). americanPosons $ s_{n}=\left(n/e\right)^{n}\sqrt{n}$, $ u_{n}=\ln\left(n!\,\div\, s_{n}\right)$ et $ v_{n}=u_{n+1}-u_{n}$. Les techniques usuelles de développement limité conduisent à

    $\displaystyle v_{n}=1-\left(n+\frac{1}{2}\right)\ln\left(1+\frac{1}{n}\right)=-\frac{1}{12\, n^{2}}+\mathbf{O}\left(1/n^{3}\right)$

    En sommant des équivalents, $ u_{n}$ admet une limite finie et il existe une constante $ \alpha$ telle que :

    $\displaystyle n!\,\sim\,\alpha\, n^{\left(n+1/2\right)}\,\exp\left(-n\right)$ (A.2)

  6. Dans ce qui suit, on fixe $ x$ et on fait augmenter $ \sigma$ vers +$ \infty$. On a donc successivement :

    $\displaystyle f\left(x\right)\sim\frac{1}{\alpha}\,\sqrt{p}\,\sqrt{q}\,\sqrt{n}\, n^{n+1/2}\, p^{j}\, q^{k}\, j^{-\left(j+1/2\right)}\, k^{-\left(k+1/2\right)}$

    $\displaystyle f\left(x\right)\sim\frac{1}{\alpha}\,\left(\frac{n\, q}{k}\right)^{k+1/2}\left(\frac{n\, p}{j}\right)^{j+1/2}$

  7. Développement limité. En posant $ A_{j}=\left(j+\frac{1}{2}\right)\ln\left(\frac{j}{n\, p}\right)$ et $ B_{k}=\left(k+\frac{1}{2}\right)\ln\left(\frac{k}{n\, q}\right)$, on obtient $ \ln\left(\alpha\, f\left(x\right)\right)=-A_{j}-B_{k}$. En substituant $ j+\frac{1}{2}=\frac{1}{q}\sigma^{2}+x\,\sigma+\frac{1}{2}$ et $ \frac{j}{n\, p}=\frac{j\, q}{n\, p\, q}=\frac{\sigma^{2}+x\, q\,\sigma}{\sigma^{2}}=1+\frac{x\, q}{\sigma}$, les techniques usuelles de développement limité donnent :

    $\displaystyle \left\{ \begin{array}{rcl}
A_{j} & = & -\sigma\, x-\frac{1}{2}\, ...
...2}\right)\frac{1}{\sigma}+\mathbf{O}\left(1/\sigma^{2}\right)\end{array}\right.$

  8. En combinant et en passant aux exponentielles, on a donc :

    $\displaystyle f\left(x\right)=\frac{1}{\alpha}\,\exp\left(-\frac{x^{2}}{2}\righ...
...ght)\left(p-q\right)\frac{1}{\sigma}+\mathbf{O}\left(1/\sigma^{2}\right)\right)$

    montrant la convergence $ f\left(x\right)\rightarrow\frac{1}{\alpha}\,\exp\left(-\frac{x^{2}}{2}\right)$.
  9. Enfin, la constante $ \alpha$ est déterminée par le fait que la probabilité totale est constante... et vaut donc $ 1$. Pour déterminer la valeur de l'intégrale de Gauss, i.e. :

    $\displaystyle G=\int_{-\infty}^{\infty}\exp\left(-\frac{1}{2}\, x^{2}\right)\, \mathrm{d}x$

    on en calcule le carré. Il vient

    $\displaystyle G^{2}=\int_{\mathbb{R}}\exp\left(-\frac{1}{2}x^{2}\right)\, \math...
...}{2}x^{2}\right)\,\exp\left(-\frac{1}{2}y^{2}\right)\, \mathrm{d}x\,\mathrm{d}y$

    Passant en polaire, on obtient

    $\displaystyle G^{2}=\int\!\!\!\int_{plan}\exp\left(-\frac{1}{2}\rho^{2}\right)\...
...\mathrm{d}\theta=2\,\pi\int_{0}^{\infty}\exp\left(-u\right)\,\mathrm{d}u=2\,\pi$

  10. On en déduit que la constante dans la formule de Stirling vaut $ \alpha=1/\sqrt{2\,\pi}$. La valeur limite de la densité de probabilité de la variable réduite est donc donnée par :

    $\displaystyle gauss\left(x\right)=\frac{1}{\sqrt{2\,\pi}}\,\exp\left(-\frac{x^{2}}{2}\right)$


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2007-12-14