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Quelle est la masse de Pi ?

Pierre L. Douillet

1. La question posée

\( \mathbb {R}\) est à vendre. Le prix de chaque segment \( \left[ n,\, n+1\right] \) est de 1 F. Le prix de \( \left[ n,\, n+\frac{1}{2}\right] \) est de 25 c et celui de \( \left[ n+\frac{1}{2},\, n+1\right] \) est de 75 c. Et ainsi de suite en coupant chaque segment en deux : le prix de la première moitié est le quart du tout et la deuxième moitié les trois quarts.

Question : quel est le prix de \( \left[ 0,\, \pi \right] \) ? Questions intermédiaires :

  1. Soit \( x=0.0\dots 010\dots 010\dots 01 \) un nombre binaire décomposé en base deux avec des 1 aux rangs \( n_{1},\, n_{2},\dots \, n_{p} \). Soit \( x' \) le nombre obtenu en supprimant le dernier 1. Alors je pense avoir démontré que le prix de \( \left[ 0,\, x\right] \) est égal au prix de \( \left[ 0,\, x'\right] \) plus \( \left( \frac{1}{4}\right) ^{p-1}\times \left( \frac{3}{4}\right) ^{n_{p}-p+1} \). J'obtiens alors comme prix de \( \left[ 0,\, \frac{2}{3}\right] \)la valeur \( \frac{4}{13}\approx 31\mathrm{centimes} \). Pour \( \left[ 0,\, \pi \right] \), je suis bien embêté car je ne connais pas entièrement son développement binaire !!!!
  2. Quant à la fonction de prix, il est facile de voir qu'elle est croissante, continue, qu'elle envoie les rationnels sur les rationnels, mais quid de sa dérivabilité ????
ROBERT FERREOL, http://perso.club-internet.fr/rferreol

2. Reformulation

2.1 Une fonction fractale

Convenons de noter \( \mu \left[ a,\, b\right] \) la mesure du segment \( \left[ a,\, b\right] \), écriture qui me parait plus lisible que \( \mu \left( \left[ a,\, b\right] \right) \). La mesure proposée dans la question possède deux propriétés qui ne cohabitent pas aisément. D'une part, on a \( \mu \left[ a+n,\, b+n\right] =\mu \left[ a,\, b\right] \) (pour \( n\in \mathbb {N}\)), exprimant la translatabilité la mesure usuelle de \( \mathbb {R}\)(celle de Borel). Et d'autre part, on a \( \mu \left[ 0,\, 2x\right] =4\mu \left[ 0,\, x\right] \) (pour \( 0\leq x\leq 0.5 \)), exprimant la propriété clef de la mesure à étudier.

Il me semble donc préférable d'étudier une autre mesure, choisie pour coïncider avec la première sur \( \left[ 0,\, 1\right] \) et pour généraliser la propriété clef à toute la droite réelle. La mesure ainsi obtenue aura donc une certaine invariance d'échelle, c'est à dire une nature fractale.

2.2 Définition sur les écritures binaires finies

Dans ce qui suit, \( m \) est un élément générique de \( \mathbb {N}\). Définissons \( a_{0}\left( 0\right) =0 \) et \( a_{0}\left( m+1\right) =2^{m} \). L'ensemble \( \mathbb {A}_{0}\doteq \left\{ a_{0}\left( m\right) ,\, m\in \mathbb {N}\right\} \) est donc l'ensemble des puissances de \( 2 \), énuméré dans l'ordre usuel des entiers. Posons \( p\left( 0\right) =0 \) et \( p\left( 2^{m}\right) =4^{m} \). Il est clair que, sur \( \mathbb {A}_{0} \), cette fonction est croissante et vérifie \( p\left( 2x\right) =4p\left( x\right) \).

Définissons alors \( a_{1}\left( 2m\right) =a_{0}\left( m\right) \) et \( a_{1}\left( 2m+1\right) =\frac{1}{2}\left( a_{0}\left( m\right) +a_{0}\left( m+1\right) \right) \). On obtient une énumération croissante de l'ensemble \( \mathbb {A}_{1}\doteq \left\{ a_{1}\left( m\right) ,\, m\in \mathbb {N}\right\} \). Posons \( p\left( a_{1}\left( 2m+1\right) \right) =\frac{1}{4}\left( 3p\left( a_{0}\left( m\right) \right) +p\left( a_{0}\left( m+1\right) \right) \right) \). On obtient ainsi une fonction \( \mathbb {A}_{1}\hookrightarrow \mathbb {R}\) qui est visiblement croissante, et qui vérifie de plus \( x\in \mathbb {A}_{1}\, \Rightarrow \, 2x\in \mathbb {A}_{1} \) et \( p\left( 2x\right) =4p\left( x\right) \).

La récurrence est claire. L'ensemble \( \mathbb {A}=\bigcup \mathbb {A}_{j} \) est l'ensemble des réels positifs ayant une écriture binaire finie, et l'on a obtenu une fonction croissante \( \mathbb {A}\hookrightarrow \mathbb {R}\) vérifiant \( \forall x\in \mathbb {A}\, :\, p\left( 2x\right) =4p\left( x\right) \).

2.3 Propriétés sur les entiers

Dans ce qui suit, \( n\in \mathbb {N}\). On vient de montrer que

$\displaystyle p\left( 2n\right)$ $\textstyle =$ $\displaystyle 4p\left( n\right)$ (1)
$\displaystyle p\left( 2n+1\right)$ $\textstyle =$ $\displaystyle 3p\left( n\right) +p\left( n+1\right)$  

On en déduit un (premier) algorithme logarithmique pour le calcul de \( p\left( n\right) \). Ainsi :


\begin{displaymath}
p\left( 29\right) =3p\left( 14\right) +p\left( 15\right) =15...
...p\left( 1\right) +121p\left( 2\right) =619p\left( 1\right) =619\end{displaymath}

Utilisant cette formule (1), il vient \( p\left( 2n+1\right) -p\left( 2n\right) =p\left( n+1\right) -p\left( n\right) \) et \( p\left( 2n+2\right) -p\left( 2n+1\right) =3\left( p\left( n+1\right) -p\left( n\right) \right) \). On obtient alors la seconde formule fondamentale :


\begin{displaymath}
p\left( n+1\right) -p\left( n\right) =3^{\psi \left( n\right) }
\end{displaymath} (2)

dans laquelle \( \psi \left( x\right) \) désigne la somme des chiffres binaires du nombre \( x\in \aa \). On a donc \( p\left( 2n+1\right) =4p\left( n \right) +3^{\psi \left( n \right) } \) conduisant à un deuxième algorithme de calcul de \( p\left( n\right) \) :

\begin{eqnarray*}
p\left( 29\right) & = & 4p\left( 14\right) +3^{\psi \left( 14\...
...ft( 14\right) }=256\times 1+64\times 3+16\times 9+1\times 27=619
\end{eqnarray*}



Autrement dit, un chiffre binaire non nul donné, valant \( 2^{p} \) dans l'écriture du nombre entier \( n \), est remplacé par \( 4^{p} \) puis multiplié par une puissance de \( 3 \). L'exposant de cette puissance est le nombre de \( 1 \) se trouvant encore plus à gauche que le \( 1 \) considéré.

On obtient donc comme sous-produit la formule ( \( n,\, d\in \mathbb {N}\)) :

\begin{displaymath}
p\left( \frac{2n+1}{2^{d}}\right) =p\left( \frac{2n}{2^{d}}\right) +\frac{1}{4^{d}}3^{\psi \left( n\right) }
\end{displaymath} (3)

Il semble donc qu'il y a eu une inversion entre \( \frac{1}{4} \) et \( \frac{3}{4} \) dans l'énoncé original.

2.4 Prolongement par continuité en un homéomorphisme \( \mathbb {R}^{+}\hookrightarrow \mathbb {R}^{+}\protect \)

Comme \( \aa \) est dense dans \( \mathbb {R}^{+} \) et \( p \) strictement croissante, on peut définir pour tout \( x\in \left] 0,\, \infty \right[ \)une fonction \( p_{g}\left( x\right) =\sup \left\{ p\left( a\right) \, \left/ \, a\in \aa \, \, a<x\right. \right\} \) et une fonction \( p_{d}\left( x\right) =\inf \left\{ p\left( a\right) \, \left/ \, a\in \aa \, \, a>x\right. \right\} \).

Considérons la subdivision équidistante \( \frac{k}{2^{d}} \) (\( d \) fixé, \( 0\leq k\leq 2^{d} \)) du segment \( \left[ 0,\, 1\right] \). Entre deux points voisins de cette subdivision, le saut de \( p \) est au plus \( \left( 3/4\right) ^{d} \), cette valeur n'étant atteinte que sur le dernier segment élémentaire. Par croissance de la fonction, il suffit donc de supposer que \( x,\, y\in \left[ 0,\, 1/2 \right] \cap \aa \) et \( \left\vert x-y\right\vert \leq \left( 1/2\right) ^{d} \) pour avoir \( \left\vert p\left( x\right) -p\left( y\right) \right\vert \leq \left( 3/4\right) ^{d} \).

On a donc prouvé que pour tout \( x\in \mathbb {R},\, 0<x\leq 1/2 \) on a \( p_{g}\left( x\right) =p_{d}\left( x\right) \). Par homothétie, on a \( \forall x\in \mathbb {R}^{+}\, :\, p_{g}\left( x\right) =p_{d}\left( x\right) \). Par conséquent, la fonction \( p\, :\, \aa \hookrightarrow \mathbb {R}^{+} \) se prolonge en une fonction continue \( p\, :\, \mathbb {R}^{+}\hookrightarrow \mathbb {R}^{+} \), et il est clair que cette fonction est strictement croissante : on obtient un homéomorphisme.

3. Propriétés remarquables

3.1 Image d'un rationnel

On sait qu'un rationnel se caractérise par le fait que son développement (binaire) est périodique. Convenons d'utiliser le signe \( \% \) pour introduire une écriture binaire. Ainsi \( \frac{2}{3}=\frac{\%10}{\%11}=\%0.10101010\dots \). On en déduit que \( \frac{2}{3}=\frac{2}{4}+\frac{2}{16}+\frac{2}{64}\dots \). Avec la relation (3) on obtient \( p\left( \frac{2}{3}\right) =p\left( \frac{2}{4}\right) \left( 1+\frac{3}{16}+\frac{3^{2}}{16^{2}}+\dots \right) \), soit \( p\left( \frac{2}{3}\right) =\frac{p\left( 2\right) }{4^{2}-3^{\psi \left( 2\right) }}=\frac{4}{16-3}=\frac{4}{13} \). Plus généralement, un rationnel dont l'écriture binaire est directement périodique, avec une période de longueur \( d \), codant pour le nombre entier \( n<2^{d} \) vérifie la formule :

\begin{displaymath}
p\left( \frac{n}{2^{d}-1}\right) =\frac{p\left( n\right) }{4^{d}-3^{\psi \left( n\right) }}\end{displaymath}

Lorsque la période est précédée par une partie apériodique, il convient d'utiliser :

$\displaystyle p\left( \frac{a}{2^{\delta }}+\frac{1}{2^{\delta }}\frac{n}{2^{d}-1}\right)$ $\textstyle =$ $\displaystyle \frac{p\left( a\right) }{4^{\delta }}+\frac{3^{\psi \left( a\right) }}{4^{\delta }}\frac{p\left( n\right) }{4^{d}-3^{\psi \left( n\right) }}$ (4)
$\displaystyle n<2^{d}$      

Ainsi \( p\left( \frac{27}{14}\right) =\frac{637}{220} \) parce que \( \frac{27}{14}=\frac{7}{4}+\frac{1}{4}\frac{5}{7} \), soit \( a=7 \), \( \delta =2 \), \( n=5 \), \( d=3 \) à reporter dans la formule. Il vient \( \frac{p\left( 7\right) }{16}+\frac{3^{3}}{16}\frac{p\left( 5\right) }{64-3^{2}}=\frac{37}{16}+\frac{27}{16}\frac{19}{55}=\frac{637}{220} \).

3.2 Image réciproque d'un rationnel

Se pose alors la question de l'image réciproque d'un rationnel. Un algorithme dichotomique permet aisément de trouver une valeur approchée du \( x \) associé à un \( p\left( x\right) \) donné. Une exploration numérique exhaustive pour les fractions \( p\left( x\right) =\frac{a}{b} \) avec \( 0<a<b<128 \) donne les résultats suivants :



\( x \) \( \frac{1}{2} \) \( \frac{1}{3} \) \( \frac{2}{3} \) \( \frac{1}{4} \) \( \frac{3}{4} \) \( \frac{1}{6} \) \( \frac{5}{6} \) \( \frac{3}{7} \) \( \frac{5}{7} \) \( \frac{6}{7} \) \( \frac{1}{7} \) \( \frac{2}{7} \) \( \frac{4}{7} \) \( \frac{1}{8} \) \( \frac{3}{8} \) \( \frac{5}{8} \) \( \frac{7}{8} \)
\( p\left( x\right) \) \( \frac{1}{4} \) \( \frac{1}{13} \) \( \frac{4}{13} \) \( \frac{1}{16} \) \( \frac{7}{16} \) \( \frac{1}{52} \) \( \frac{25}{52} \) \( \frac{7}{55} \) \( \frac{19}{55} \) \( \frac{28}{55} \) \( \frac{1}{61} \) \( \frac{4}{61} \) \( \frac{16}{61} \) \( \frac{1}{64} \) \( \frac{7}{64} \) \( \frac{19}{64} \) \( \frac{37}{64} \)



On voit, comme prévisible, apparaître les rationnels \( p\left( x\right) \) dont les dénominateurs sont de la forme \( 4^{\delta }\left( 4^{d}-3^{\psi }\right) \), et la liste des \( x \) obtenus n'est autre que la liste des fractions de petits dénominateurs (\( x=\frac{1}{5} \) n'est pas encore apparue, car \( p\left( x\right) =\frac{7}{247} \)). Ce qui est remarquable est le point suivant : au cas où une autre fraction \( p\left( x\right) =\frac{a}{b} \) serait l'antécédent d'un rationnel \( \frac{\alpha }{\beta } \), on aurait \( \beta >10^{10} \). Une recherche complémentaire, utilisant l'algorithme pslq, montre que, au cas où l'un des autres antécédents serait algébrique d'ordre 2, la taille des coefficients du polynôme associé serait supérieure à \( 10^{8} \).

Opinions à vérifier :

  1. L'application \( p \) n'est pas surjective
  2. Lorsque \( \frac{a}{2^{\delta }} \) et \( \frac{n}{2^{d}-1} \) sont les écritures minimales (i.e. \( a \) impair et \( d \) est la plus petite période) alors le dénominateur de \( p\left( \frac{a}{2^{\delta }}+\frac{1}{2^{\delta }}\frac{n}{2^{d}-1}\right) \) est effectivement \( 4^{\delta }\left( 4^{d}-3^{\psi \left( n\right) }\right) \).
  3. L'antécédent d'un rationnel est rationnel ou transcendant.

3.3 Formules pour le taux de variation

Soit \( t \) un réel donné. Pour \( b\in \mathbb {N}\), posons \( \varphi \left( b\right) \doteq \psi \left( floor\left( x\, 2^{b}\right) \right) \). Le quotient \( \frac{\varphi \left( b\right) }{b} \) exprime la proportion de chiffres 1 dans l'écriture binaire de \( x \) (tronquée à la \( b \)-ième place après la virgule). Nous avons l'intention de montrer que \( \rho \left( \Delta t\right) =\frac{\Delta p}{\Delta t} \) tend vers \( 0 \) lorsque \( \lim \sup \frac{\varphi \left( b\right) }{b}<\frac{\ln 2}{\ln 3}\approx 0.63 \) et vers \( +\infty \) lorsque \( \lim \inf \frac{\varphi \left( b\right) }{b}>\frac{\ln 2}{\ln 3} \). Pour les \( x\in \mathbb {A}\), il faut tenir compte des deux écritures possibles pour ces nombres, et cela donne \( 0 \) comme dérivée à droite et \( +\infty \) comme dérivée à gauche.

Pour établir cela, il suffit de considérer des \( \Delta t \) de la forme \( \frac{1}{2^{b}} \). En effet, tout \( \Delta t \) est compris dans un segment \( \left[ \frac{1}{2^{b+1}},\, \frac{1}{2^{b}}\right] \) et l'on a \( \frac{1}{2}\rho \left( \frac{1}{2^{b+1}}\right) \leq \rho \left( \Delta t\right) \leq \frac{1}{2}\rho \left( \frac{1}{2^{b}}\right) \) puisque \( p \) est croissante.

Commençons par examiner l'ajout d'un 1 à la \( b \)-ième place lorsque cette place contenait un 0. On a donc \( t=\frac{a}{2^{b-1}}+\frac{\alpha }{2^{b}} \) avec \( a\in \mathbb {N}\) et \( \alpha <1 \). Posant \( p\left( \alpha \right) =\beta \), il vient \( p\left( t\right) =\frac{p\left( a\right) }{4^{b-1}}+\frac{3^{\psi \left( a\right) }}{4^{b}}\beta \) et \( p\left( t+\frac{1}{2^{n}}\right) =\frac{p\left( a\right) }{4^{b-1}}+\frac{3^{\psi \left( a\right) }}{4^{b}}+3\frac{3^{\psi \left( a\right) }}{4^{b}}\beta \). On a donc :

\begin{displaymath}
TV_{0}=\frac{\Delta p}{\Delta t}=\left( 1+2\beta \right) \frac{3^{\varphi \left( b\right) }}{2^{b}}\end{displaymath}

le premier facteur étant compris entre \( 1 \) et \( 3 \). A titre d'illustration, prenons \( t=\frac{17}{24}\approx .1011010101 \). On a \( p\left( t\right) =\frac{283}{832} \). Un ajout d'un chiffre 1 aux places 2, 5 ou 7 conduit aux valeurs \( \frac{153}{104},\, \frac{567}{416},\, \frac{1701}{1664} \) pour \( \frac{\Delta p}{\Delta t} \). On remarque le facteur \( \frac{3}{4} \) entre les deux dernières valeurs (\( \beta \) est le même, \( b \) a augmenté de \( 2 \) et \( \varphi \left( b\right) \) de 1 seulement).

Examinons maintenant l'ajout d'un 1 à la \( \left( b+n\right) \)-ième place lorsque la \( b \)-ième place contient un 0 et est suivie par \( n \) chiffres 1 consécutifs. On a donc \( t=\frac{a}{2^{b-1}}+\frac{2^{n}-1}{2^{b+n}}+\frac{\gamma }{2^{b+n}} \) avec \( a\in \mathbb {N}\) et \( 0\leq \gamma <1 \). Posant \( \delta =p\left( \gamma \right) \), il vient : \( p\left( t\right) =\frac{p\left( a\right) }{4^{b-1}}+\frac{3^{\psi \left( a\ri...
...frac{3^{\psi \left( a\right) }3^{\psi \left( 2^{n}-1\right) }}{4^{b+n}}\delta \) et \( p\left( t+\frac{1}{2^{b+n}}\right) =\frac{p\left( a\right) }{4^{b-1}}+\frac{3...
...rac{3^{\psi \left( a\right) }\, 3^{\psi \left( 2^{n}\right) }}{4^{b+n}}\delta \)

Utilisant les formules \( \psi \left( 2^{n}\right) =1,\, p\left( 2^{n}\right) =4^{n},\, \psi \left( 2^{n}-1\right) =n,\, p\left( 2^{n}-1\right) =4^{n}-3^{n} \), on obtient un taux de variation égal à

\begin{displaymath}
TV_{1}=\frac{\Delta p}{\Delta t}=\left( 1-\beta +\frac{3}{3^{n}}\beta \right) \frac{3^{\varphi \left( b+n\right) }}{2^{b+n}}\end{displaymath}

le premier facteur étant compris entre \( \frac{3}{4} \) et \( 1 \). A titre d'illustration, prenons \( t=\frac{647}{192}\approx 11.01011110 \). On a \( p\left( t\right) =\frac{418591}{53248} \). Un ajout d'un chiffre 1 aux places 4, 5, 6 ou 7 conduit aux valeurs \( \frac{81}{16},\, \frac{4293}{832},\, \frac{6885}{832},\, \frac{2025}{128} \) pour \( \frac{\Delta p}{\Delta t} \). Ces valeurs vont en croissant (de \( \approx 5 \) à \( \approx 16 \)) le deuxième facteur s'augmentant d'un nouveau \( \frac{3}{2} \) à chaque fois.

3.4 Dérivation

En résumé, nous avons montré que les valeurs de \( \rho \left( \frac{1}{2^{b}}\right) \) contrôlent les valeurs de \( \rho \left( \Delta t\right) \), puis que \( \rho \left( \frac{1}{2^{b}}\right) =\frac{3^{\varphi \left( b\right) }}{2^{b}}\times \mu \) avec \( 1\leq \mu \leq 3 \) lorsque le \( b \)-ième chiffre est 0, et avec \( 0\leq \mu \leq 1 \) lorsque ce \( b \)-ième chiffre est 1. Ceci montre que la dérivée à droite est nulle lorsque \( \lim \sup \frac{\varphi \left( b\right) }{b}<\frac{\ln 2}{\ln 3} \) et infinie lorsque \( \lim \inf \frac{\varphi \left( b\right) }{b}>\frac{\ln 2}{\ln 3} \).

Si l'on suppose \( \lim \frac{\varphi \left( b\right) }{b}=\frac{\ln 2}{\ln 3} \), il y a nécessairement des groupes de plusieurs chiffres 1 terminés par un 0 et ... c'est pas fini.

Pour la dérivation à gauche, on a exactement les mêmes résultats, à condition d'utiliser l'écriture ``avec des 1'' pour les éléments de \( \mathbb{A}\).


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douillet@cnam.fr
2001-02-23