Quand un système technique
n'est pas résoluble analytiquement, une
simulation par ordinateur peut néanmoins permettre d'évaluer un paramètre global
de
, si ce paramètre admet un moment d'ordre 2. Ainsi une certaine
probabilité stochastique
pourra être estimée, à l'incertitude
et au seuil de confiance
, par une fréquence temporelle expérimentale
avec:
.
Appelons
le carré du coefficient de variation de
lors d'une simulation de taille
:
.
Ce
peut être estimé en décomposant la simulation des
événements en
blocs de
événements chacun [3]. Indiçant
par
les estimateurs obtenus dans le bloc
,
on a
et
Une simulation-pilote de taille
, permet alors d'inférer que la précision
sera atteinte, au seuil
, en
La convergence est lente : un temps de calcul cent fois supérieur ne fait gagner
qu'une décimale. Par exemple, atteindre
au seuil de
lorsque
, qui demanderait
épreuves de Bernoulli, est impraticable.
Une technique d'accélération connue [1] consiste à biaiser la distribution
initiale, réduisant la variante de l'estimateur cherché, puis à corriger le
biais introduit. Ainsi, pour estimer la probabilité
d'un événement
, on peut le conditionner par un événement
tel que :
.
Comme
, on remplace la simulation de
l'événement rare
par deux simulations portant sur les événements moins
rares
et
et qui, à elles deux, seront plus rapides que
la simulation directe.
Avec l'exemple précédent, utiliser un intermédiaire
avec
procure un facteur d'accélération de
, qui reste pourtant insuffisant
pour des probabilités comme les taux d'erreurs dans les réseaux à fibres optiques,
où
.
Pour une chaîne de Markov, nous proposons d'utiliser plusieurs fois cette
méthode, avec plusieurs intermédiaires, déterminant plusieurs échelons. Conditionnant
par
et
par
, on obtiendra
.
Si
est un système dont les probabilités
des différents
états possibles
s'échelonnent en divers états de rareté, le
choix de ces intermédiaires peut être automatisé de la façon suivante on se
fixe une fréquence seuil
, et une taille
dépassant largement
, mais conduisant quand même à une simulation réalisable, que
nous appelons échelon 0. On considère alors le sous-système
des
états
dont les fréquences expérimentales
sont
inférieures à
ou qui sont prédécesseurs immédiats de tels états.
On a :
pour
et
.
Ces fréquences sont donc des estimateurs acceptables.
On procède alors à une nouvelle simulation (l'échelon 1), concernant uniquement
le système
. De la même façon, on trouve
, et ainsi
de suite jusqu'à ce que la probabilité conditionnelle de l'état qui nous intéresse
soit supérieure à
.
Après cette première étape qui nous a permis de choisir les échelons, nous augmentons,
par étapes successives, la taille globale de la simulation (EQ.2)
jusqu'à obtenir la précision fixée
sur la probabilité cherchée
.