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Les questions de confidentialité ne sont pas des questions tout à
fait "à part" en informatique : si l'identification
et le confinement (=security) sont certes spécifiques, l'intégrité
des données (=safety) est une question qu'il faut de toutes façons
se poser, même en l'absence de toute "malignité"
extérieure, car il est dans l'ordre des choses que les matériels tombent
en panne et que les logiciels contiennent des erreurs.
L'information est comme une sorte de gaz soumis à la loi d'accroissement
de l'entropie : il est dans sa nature de se répandre et de s'altérer
si bien qu'à la longue, et pour un système suffisamment important,
il se commettra nécessairement des "erreurs" compromettant
la certification et des "gaffes" compromettant le
confinement. Il convient donc de se fixer des objectifs clairs et
suffisamment modestes pour qu'ils soient réalisables. Par exemple
:
- [Objectif 0]qu'il soit certain que tout dysfonctionnement "spontané"
soit détecté et rectifié par les défenseurs avant qu'il puisse être
détecté et utilisé par des intrus pour ouvrir une brèche.
- [Objectif 1]qu'il soit certain que toute attaque menée par des méthodes
déjà connues aura été largement plus coûteuse pour l'assaillant que
le bénéfice qu'il pourra en retirer (principe de Vauban).
- [Objectif 2]qu'il soit extrêmement peu probable que, d'ici à la péremption
des données protégées, une attaque puisse réussir, y compris avec
les moyens qui seront découverts entre temps.
- [Objectif 3]que, néanmoins, le coût des mesures de défense reste
proportionné à la valeur des objectifs à protéger. En particulier,
les délais et autres désagréments liés au chiffrement/déchiffrement
ne doivent pas inciter à se passer de protections...
Il convient alors de distinguer deux éléments dans un protocole destiné
à certifier la confidentialité [14] :
- Une méthode de base immuable (et/ou un appareillage spécifique)
- Une clef variable, secrète, qui contrôle la méthode précédente.
Et il faut que l'efficacité de la méthode repose exclusivement sur
le point (2). D'une part parce qu'il est matériellement impossible
de changer (1) rapidement. D'autre part parce que les éventuels attaquants
auront tôt ou tard non seulement une description exacte de (1) mais
aussi un exemplaire de tous les appareillages et programmes. Il faut
en outre tenir compte de ce qu'il n'est pas rare que des écoutes judicieuses
permettent de disposer de centaines de messages chiffrés avec la même
clef ou de nombreux chiffrements du même texte avec des clefs différentes,
une partie ou la totalité de ces textes étant connue ou inférée à
l'aide du contexte.
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douillet@ensait.fr
2002-01-05